Je suis complètement en accord avec les siestes contact, j’ai gardé mon aîné pendant 8 mois sur moi pour qu’il dorme, il a 6 ans maintenant. J’essaye quand même de poser bébé surtout pour pouvoir aller m’occuper du grand mais à chaque fois c’est un échec elle se réveille 5 min après. Je me demandais s’il fallait insister un peu tout les jours ou non ? Car en essayant, cela perturbe son sommeil, très compliqué de la rendormir après. Du coup j’ai abandonné. En ce moment j’arrive à la faire dormir 3h30 en porte bébé le matin, mais très compliqué la première heure pour lui faire enchaîner un autre cycle, il faut bercer, marcher , la sucette , passer ce moment la qui peut durer 30 min elle dort super bien. Et l’après-midi j’arrive à la faire dormir sur moi ou en porte bébé entre 2h30 et 3h mais pareil la première heure très compliqué car au bout de 40 min de sommeil il faut bercer ect et après elle enchaîne sans problème.
Et les siestes du soir c’est au bras aussi.
Elle aime absolument pas la voiture et est réveillée au moindre transfert (pas évident pour les allers retours à l’école) je culpabilise beaucoup quand elle dort pas où quand je la réveille en l’amenant en voiture. Comment l’aider pour apprécier la voiture ? La nuit elle accepte d’être posée à côté de moi après que je l’ai endormie au sein ou en berçant. Arrivé le matin vers 7h je ne peux plus la poser et je commence à être en difficulté pour aller m’occuper du grand. Et si je la prends avec moi au salon elle se réveille à cause du bruit de mon fils . Comment concilier les deux enfants dans ses cas la ? Et quand cela la réveille c’est très compliqué ensuite pour elle de retrouver le sommeil. Elle peut rester facilement 1h30 éveillée. Je ne sais pas si j’ai été claire.
Mes questions sont :
Faut il insister pour poser bébé ou je réessaye quand elle sera plus grande si oui comment et quand ?
Comment l’aider pour apprécier la voitue?
Comment concilier les deux enfants, car forcément elle dort beaucoup moins bien quand y a mon fils mais je peux pas le laisser toute la journée dans le salon tout seul et pourtant c’est ce qui est en train d’arriver…
Merci beaucoup de prendre le temps de répondre.
Solène
Bonjour Solène,
Merci pour la confiance que vous me témoignez et la clarté de votre message — je vous confirme que j’ai bien compris vos questions et votre vécu, et je vous assure tout de suite : ce que vous décrivez est on ne peut plus normal pour un bébé de l’âge du vôtre… même si nos sociétés aiment faire croire le contraire !
1. Faut-il insister pour poser bébé ou attendre ?
Vous avez déjà un instinct très juste : à 1,5-2 mois, la grande majorité des bébés ne tolèrent l’absence de contact que difficilement, surtout dès qu’on tente de les poser pour la sieste. Leur cerveau, très immature, n’a pas encore la capacité de “se rassurer” en l’absence des bras, de l’odeur et du mouvement maternels. Techniquement, il ne “s’agit pas d’un apprentissage du sommeil” qu’on pourrait leur enseigner à cet âge. Donc non, il n’y a pas à insister et il est même contre-productif de s’acharner si cela déclenche réveil et pleurs — votre bébé n’a rien à “apprendre” là-dessus, ses circuits neuronaux ne sont simplement pas maturés pour tolérer la séparation ou ces transitions.
Vous pouvez retenter doucement, de temps en temps, sans pression, juste pour “sonder le terrain” — pas pour l’habituer, mais pour voir si quelque chose évolue. L’expérience (et pas mal d’études aussi) montrent que vers 4/5/6 mois, certains bébés commencent à tolérer un peu mieux d’être reposés SANS que cela soit la règle. Vous pouvez aussi essayer d’adoucir le transfert : drap ou lange avec votre odeur, matelas préchauffé (attention à la sécurité), main posée sur elle après avoir déposé, etc. J’explique des astuces très concrètes dans ce reel :
-> Quand tenter de déposer bébé: https://www.instagram.com/reel/DJmk8mbp6bB/
→ [Reel transition bras/lit](https://www.instagram.com/reel/DJ4mY-KCr3o/)
→ Et un autre là : [Poser sans réveiller](https://www.instagram.com/reel/DKfM0kpCwZy/)
Mais gardez en tête que cela ne fonctionne pas avec tous les bébés à cet âge-là. Parfois, il faut juste attendre que leur cerveau fasse “le job”.
2. Comment l’aider à apprécier la voiture ?
C’est très fréquent qu’à cet âge, la voiture ne soit pas synonyme d’apaisement. Le problème n’est pas “le bruit/les vibrations” en soi, mais plutôt la perte de contenance (l’absence de bras, d’odeur, du bercement vivant) qui achève de les déstabiliser. Il a aussi la perception du sens vestibulaire (celui du mouvement, de la gravité..) qui doit encore murir! Quelques astuces parfois utiles :
– Placer une étoffe portant votre odeur dans le cosy (en respectant la sécurité).
– Installer un bruit blanc portatif (juste à côté du siège).
– Recréer du mouvement avant/après le trajet : portez, bercez.
Mais là aussi, c’est simplement “trop tôt” pour certains bébés, et cela devient plus facile autour de 3-4 mois… puis se complique parfois à nouveau ensuite ! Bref : non, vous ne ratez rien, et il ne sert à rien de culpabiliser (même si la société, encore une fois, n’aide pas). N’hésitez pas à fractionner les trajets, et surtout : faites au mieux, c’est déjà beaucoup.
3. Comment concilier les besoins des deux enfants ?
La quadrature du cercle, n’est-ce pas ? Je vous assure que de très nombreux parents se retrouvent à “sacrifier” l’un ou l’autre — et c’est si injuste que personne ne le dise assez fort.
Quelques pistes pratiques pour limiter la casse :
– Investir dans un portage physiologique ultra-confort : la sieste du matin en portage sur vous, pendant que vous gérez le grand, est déjà une victoire !
– Si une sieste posée est impossible, rien n’empêche de favoriser tant que nécessaire les siestes “contact” ou en porte-bébé, même si ce n’est pas ce que “les autres” attendent.
– Pour le bruit, utiliser un bruit blanc proche du bébé pendant qu’elle dort au salon peut masquer les sursauts de la vie familiale.
– Pour votre grand, c’est difficile d’imaginer qu’il va jouer seul et tranquillement tout ce temps, mais vous pouvez verbaliser : expliquer que la petite a besoin de dormir collée à maman, que ce n’est pas pour “l’exclure”, et ritualiser des temps rien qu’à lui (quand elle est dans sa phase d’éveil la plus calme ou en portage sur votre dos).
Le fond du problème ? En tant que parent solo (ou à 2, mais il y a parfois toujours assez peu de marge de manœuvre), ces situations d’impossibilité sont ultra fréquentes et épuisantes. Vous n’y pouvez rien et personne, je dis bien PERSONNE, ne devrait vous culpabiliser là-dessus. Ce que vous faites, c’est déjà héroïque. Et votre grande écoute pour chacun de vos enfants est un cadeau immense.
Pour finir
À cet âge, accepter que le sommeil et l’autonomie viendront plus tard n’est pas un renoncement, c’est un acte de présence et de tendresse qui porte ses fruits bien plus tard. Et ce qui compte le plus, c’est ce sentiment de sécurité que vous offrez.
Gardez confiance, et ménagez-vous dès que possible : alternez porte-bébé, contact, éventuellement cocon (toujours sous surveillance pour la sécurité du sommeil).
Vous faites tout ce qu’il y a à faire — vraiment, je pèse chaque mot !