Bébé 2 ans, difficulté d’endormissement, et besoin d’un ou deux biberons la nuit pour se rendormir.

Bonjour, merci pour votre contenu c’est très rassurant et ça fait du bien d’avoir de la bienveillance et de la douceur.

Pour notre fille de 2 ans et demi endormissement de plus en plus long et réveille nocturne pour biberon

Elle a toujours bien dormis jusqu’à ses 18 mois environs (cododo puis dans sa chambre endormissement solo là plupart du temps peu d’appel ou un peu de câlins bercage et dodo) plus le temps passe et plus les endormissements sont long, mais aussi parfois agitée et en larmes on se sent mal et on est triste de la situation on aimerait des endormissement sans pleurs ,ça arrive quand même mais souvent il y a tjrs une phase de frustration ou on se comprend plus et c’est difficile malgré les limites « dernière histoire… » on la laisse pas pleurer et on essaye de l’accompagner mais c’est épuisant.

Ensuite il y a les réveils nocturne toujours entre 1 et 3h du matin où elle réclame systématiquement le biberon alors qu’elle en prenais plus il y a moins d’1 an ( on lui en a redonné suite à ses réclamations on a l’impression de tout faire mal) parfois elle en réclame un second dans la nuit et si elle a pas de biberon c’est 2h de crie et de larmes.

Je pensais arrêter le lait progressivement pour son entrée à l’école mais finalement je préserve notre sommeil alors je sais plus quoi faire.

Merci pour vos précieux conseils

Bonjour,
Merci infiniment pour votre message, et pour votre confiance et toute mes excuses pour le délai de réponse, votre message est passé sous mon radar pendant quelques jours. Encore une fois désolée!
On sent à travers vos mots beaucoup de douceur, d’écoute et d’implication pour accompagner votre fille dans ce moment compliqué… et aussi toute la fatigue accumulée. Vous n’êtes pas seuls : tant de parents traversent ces phases, et il n’y a rien de « raté » dans vos choix ou dans cette situation.
À 2 ans et demi, ce que vous décrivez — des endormissements de plus en plus longs, parfois chargés en émotions, et des réveils nocturnes — est loin d’être anormal. C’est même un âge où le sommeil est régulièrement bousculé. Le langage explose, l’affirmation de soi aussi, les émotions deviennent plus intenses, plus complexes… et tout cela se rejoue souvent au moment du coucher et pendant la nuit. Même les enfants qui ont longtemps très bien dormi peuvent traverser de véritables tempêtes à ce moment-là.
Concernant les endormissements, ces phases de larmes, de frustration, ce sentiment de ne plus se comprendre… c’est très difficile à vivre, et pourtant, cela ne dit rien d’un échec de votre part. À cet âge, beaucoup d’enfants ont besoin de décharger ce trop-plein émotionnel au moment du coucher. Vous posez des limites (« dernière histoire… »), vous restez présents, vous accompagnez sans laisser pleurer : c’est un cadre sécurisant. Cela n’empêche pas la frustration — parce que grandir, c’est aussi ça — mais vous êtes là pour la contenir, et c’est exactement ce dont elle a besoin.
Ce qui peut vraiment aider à cet âge, c’est de travailler la connexion avant la séparation. Beaucoup d’enfants ont du mal à lâcher prise le soir non pas par “opposition”, mais parce que la séparation est encore difficile à intégrer émotionnellement.
Dans cette approche, inspirée notamment des travaux de Gordon Neufeld, on parle de créer un “pont de connexion” : quelque chose qui permet à l’enfant de sentir que le lien reste présent, même en votre absence.
Concrètement, cela peut être très simple et très concret pour elle :

dessiner un petit cœur au creux de vos deux poignets, en lui expliquant que vous pensez l’une à l’autre pendant la nuit

lui laisser quelque chose qui porte votre odeur (tout en restant sécurisé)

“confier” un message à son doudou avant de dormir, que le doudou pourra “lui redire” pendant la nuit

prendre une photo d’elle endormie pour lui montrer le matin que vous êtes venue la voir

Ce sont de petits repères, mais ils peuvent profondément rassurer certains enfants, et parfois diminuer ce besoin de vérification nocturne.
En parallèle, dans la journée, multiplier les moments de connexion, de contact, de jeu partagé, et aussi mettre des mots sur ce qu’elle traverse (« tu n’as pas envie que la journée s’arrête », « c’est difficile de se séparer le soir… ») peut venir apaiser en amont ce qui déborde ensuite le soir.
Pour les réveils nocturnes avec demande de biberon, là encore, ce que vous vivez est très fréquent. Beaucoup d’enfants “reviennent” vers ce type de demande après une période plus fluide. Ce n’est pas que vous avez “mal fait”, mais plutôt qu’une association réconfort–biberon s’est remise en place dans un moment où elle en avait particulièrement besoin.
À cet âge, la plupart des enfants n’ont plus de besoin physiologique de lait la nuit, mais le besoin d’apaisement, de succion, de présence reste, lui, bien réel — surtout dans des périodes émotionnellement chargées. Idéalement, oui, on tend vers une diminution du lait nocturne (notamment pour des questions de santé dentaire), mais dans la réalité des familles, préserver le sommeil de tous est aussi une priorité légitime. Les recommandations doivent s’adapter à vous, pas l’inverse.
Si vous souhaitez faire évoluer les choses, cela peut se faire très progressivement. Certains parents diminuent petit à petit la quantité de lait ou diluent davantage, tout en maintenant une présence rassurante. D’autres choisissent de “déplacer” le biberon, en le proposant dans un autre contexte (lumière douce, hors du lit), pour le détacher du moment du rendormissement.
Une autre piste peut être d’introduire progressivement d’autres repères d’apaisement en parallèle — présence, contact, voix, chanson — sans enlever le biberon immédiatement. L’idée n’est pas de remplacer brutalement quelque chose de très ancré, mais d’élargir les possibilités, pour qu’il devienne ensuite plus facile de faire évoluer l’un des éléments.
Et surtout, gardez en tête que vous n’avez rien “défait”. Il n’existe pas de parent parfait, ni de trajectoire linéaire. Ce que vous faites — vous adapter, ajuster, parfois choisir de préserver le sommeil dans l’immédiat — est profondément cohérent avec les besoins d’un jeune enfant.
Souvent, avec un peu de temps, une certaine stabilité, et moins de pression autour du sommeil, ces réveils s’espacent d’eux-mêmes. Vous pouvez avancer à votre rythme, sans vous fixer d’objectif rigide, et sans culpabilité si, pour l’instant, votre priorité reste de dormir.
Et si à un moment donné cela devient trop lourd à porter, vous pouvez aussi vous faire accompagner, à condition de choisir un professionnel qui respecte votre manière de faire, sans injonctions ni méthodes toutes faites.
Le sommeil des enfants ne se “corrige” pas, il s’accompagne. Et ce que vous êtes en train de construire avec votre fille — malgré la fatigue —, c’est une base de sécurité précieuse pour la suite.
Prenez soin de vous aussi dans ce processus.
Belle continuation à votre famille

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