Bonjour,
Mes jumeaux ont 11 mois. Ils savent tous les deux dormir la nuit complète mais ce n’est pas le cas toutes les nuits. En ce moment l’un d’eux se réveille toutes les nuits entre 2h et 4h, parfaitement reveillé comme si c’était le matin. La seule chose que j’ai trouvée pour éviter les crises de larmes qui réveillent son frère et empêchent tout le monde de dormir c’est d’aller avec lui dans la chambre d’ami, matelas par terre, et de le laisser gambader dans le noir. Quand il en a marre il vient s’allonger avec moi pour dormir. Mais ça peut être très long, il passe souvent une bonne partie de ce temps là à me grimper dessus, je suis exténuée. A quoi sont dûs ces reveils ? Que pouvons-nous faire pour les éviter ?
Je précise que les deux se couchent tres tôt (entre 6h30 et 7h) car ils tombent littéralement de sommeil le soir (avec souvent quelques rappels pour celui qui ensuite ne se réveille plus). Au niveau des siestes, ils en font 2 par jour, de durée assez aléatoire. Ce sont des bébés très très actifs, ils marchent presque déjà et font des kilomètres à quatre pattes chaque jour. Côté repas ce sont deux très bons mangeurs (facilement 200g par repas plus des biberons).
Merci pour votre aide !
Bonjour,
Les jumeaux sont un cas absolument fascinant… et très peu étudié niveau sommeil.
On sait que le sommeil a une forte composante génétique et environnementale, et qu’ils vivent souvent (à peu près) les mêmes journées… mais malgré cela, leurs besoins, leur tempérament et leur rythme interne peuvent être très différents.
Qu’un seul des deux traverse cette phase de réveils très « éveillés », c’est donc fréquent et parfaitement cohérent.
À quoi sont dus ces longs réveils nocturnes, parfois très “matinaux” dans le comportement ?
• Les acquisitions motrices
À 11 mois, leur cerveau carbure : marche presque acquise, déplacement constant, coordination, planification motrice…
Tout ça génère une activité neurologique énorme.
Chez certains bébés très actifs, cela déborde la nuit : ils se réveillent et se comportent comme si leur corps disait « on continue l’entraînement ! ».
C’est extrêmement courant, et… épuisant.
• La pression de sommeil
Avec deux siestes et un coucher très précoce (18h30–19h), il arrive que la pression de sommeil ne soit plus suffisante pour traverser la nuit d’un bloc.
Certains bébés se réveillent à 2–4h parce qu’ils ont déjà récupéré assez pour un moment, mais pas encore suffisamment pour commencer la journée.
Ce temps « tampon » peut alors se transformer en longue période d’éveil calme… ou moins calme.
Ce que vous pouvez tenter (sans miracle, mais parfois avec de vrais effets)
Sur le moment même:
Ce que vous faites est probablement la meilleure option pour préserver toute la famille :
– rester dans le noir,
– limiter la stimulation,
– laisser l’enfant bouger tant qu’il en a besoin,
– et accueillir ensuite le retour vers le sommeil.
Ce n’est pas “l’encourager” à se réveiller.
C’est minimiser les dégâts et éviter les pleurs qui réveilleraient l’autre jumeau.
Sur le rythme global (sur une semaine ou plus):
• Observer les siestes et leur durée : s’il dort 2h ou plus dans la journée, ou si une sieste est très tardive, ça peut étaler la nuit. Parfois limiter une sieste à 1h15–1h30 suffit à recalibrer la pression de sommeil.
• Décaler légèrement le coucher : 15–30 minutes plus tard, si ce n’est pas l’effondrement total.
L’objectif n’est pas de le “crever”, mais de condenser la nuit.
• Augmenter encore les opportunités motrices : ces enfants ont parfois un quota d’entraînement énorme à satisfaire pour pouvoir “lâcher” la nuit.
Grimpe, escalade douce, coussins, parcours moteur… tout ce qui peut “vider le réservoir” avant le coucher.
Et surtout… se rassurer :
Ces phases sont fréquentes, surtout chez les bébés moteurs et curieux.
Elles passent d’elles-mêmes, quand le cerveau termine l’intégration des nouvelles compétences.
Il n’y a aucune mauvaise habitude dans votre manière de faire.
Juste des parents qui essaient de dormir, de protéger le sommeil du jumeau, et de survivre à une période exigeante.
C’est exactement ce qu’il faut faire.
Prenez soin de vous dans cette phase intense —
et bravo pour votre système « matelas par terre », très intelligent pour limiter les réveils en chaîne.
La fatigue des parents de jumeaux est déjà assez légendaire… inutile d’y ajouter des règles théoriques inapplicables !