Bébé 9 mis, anxiété de séparation, siestes-contact, réveils nocturnes… comment la passer dans sa chambre?

Bonjour
Déjà merci beaucoup pour cette plateforme. Ma fille a 9 mois. Elle a toujours été allaitée et elle dort en cododo dans notre chambre depuis toujours. Sauf que depuis son entrée à la crèche, depuis ses six mois et demi, elle n’accepte plus que de dormir dans mon lit. Parfois elle se réveille toutes les demies heures… je suis épuisée.
De plus, je ne parviens pas à la poser pour les siestes, elle ne les fait que sur moi.
L’endormissement n’a jamais été compliqué, il est fait au sein.
Lors de ses réveils nocturnes, elle peut juste gesticuler et chercher du contact mais j’ai l’impression qu’elle ne se réveille pas forcément. Et d’autres fois ses yeux sont des billes. Cela fait neuf mois que je n’ai aucune soirée pour moi, plus de loisir. Je travaille loin (environ 60km) c’est de la torture de ne pas dormir. Je prends en charge entièrement le sommeil/lendormissement, je n’ai pas de relais possible… je ne sais pas comment gérer.
Je pense à essayer bientôt de la mettre dans sa chambre mais j’ai peur que la transition soit trop compliquée…je suis perdue…
Merci de votre attention et de votre bienveillance sans cesse envers nous parents,
En vous souhaitant une excellente journée,
Marion.

Bonjour Marion,
Vous vivez une période éreintante : l’allaitement, le cododo, les nuits découpées en tranches si fines qu’on aurait presque envie de les passer au mixeur… et tout le reste à assurer, parfois seule.
Ce que vous décrivez à 9 mois — besoin de votre présence corporelle pour s’endormir et rester apaisée, endormissements serrés contre vous (sein ou bras), nombreux micro-réveils la nuit, siestes uniquement en contact — c’est totalement dans la norme. Ce n’est pas une anomalie ni le reflet d’un “mauvais” rythme ou de “mauvaises habitudes”.
À cet âge, beaucoup de bébés (surtout allaités) ont le système d’alerte nocturne réglé sur ultra-sensible : surtout après une entrée en crèche, avec tout ce que cela soulève côté séparation, bruit, nouvelles figures, etc. Elle utilise donc la ressource la plus sécurisante à disposition : vous.
Vous n’êtes pas en train de “créer une dépendance”, ni de “casser son autonomie”. Vous colmatez, littéralement, tous les petits trous d’une période de développement où le cerveau d’un bébé, vulnérable à la nouveauté et à la séparation, réclame la régulation par le contact. Ce n’est pas une fiction bobo, c’est ce qui a maintenu l’humanité en vie des millénaires — mais rien n’oblige non plus à “tenir le choc” toute seule, au prix de vous perdre en route.
Quelques repères et pistes concrètes à explorer, à votre rythme, sans pression
Vous êtes légitime à vouloir souffler, retrouver des soirées et du repos. L’épuisement chronique ne fait de bien ni à la maman, ni à la petite fille, ni à la relation.
Vouloir introduire petit à petit de nouveaux rituels ou faire évoluer l’endroit où dort votre fille, ce n’est pas trahir ses besoins. Vous pouvez tout à fait respecter votre lien tout en avançant vers plus de confort pour vous deux.
🌿 Sur les siestes contact : quelques précisions utiles
Les “siestes contact” sont un pilier normal du développement entre 0 et 12 mois, mais elles deviennent souvent une nécessité vers 6-10 mois, quand la vigilance diurne augmente et que les cycles (30-40 min) deviennent plus marqués.
Plusieurs éléments expliquent pourquoi elle ne se pose pas :
1. Le contraste sensoriel est trop fort
Quand elle passe de :
la chaleur de votre corps
votre odeur
votre respiration rythmique
le bercement micro-moteur naturel
… à un matelas froid, neutre, immobile : son cerveau interprète cela comme un changement de contexte, donc un risque potentiel → réveil.
2. Proprioception encore immature
Beaucoup de bébés ont besoin d’un environnement contenu pour sentir les limites de leur corps. Sur vous, ce retour d’information sensorielle est optimal ; dans un lit, il est parfois trop faible → micro-réveil.
3. Surveillance de la séparation exacerbée
Entre 7 et 10 mois, la permanence de l’objet/separation anxiety est à son pic : la poser, même endormie, peut déclencher une mini-vérification de votre présence → réveil instantané.
🌿 Comment optimiser les siestes contact sans vous épuiser davantage ?
Voici quelques options, basées sur ce que j’ai déjà conseillé dans vos réponses précédentes :
→ Option 1 : la sieste « semi-contact » (sas de transition)
Elle s’endort au sein ou dans vos bras.
Vous restez collée 5–10 minutes une fois endormie.
Puis, au lieu de poser d’un coup, vous glissez votre avant-bras ou votre main sous son torse/ventre pour conserver juste assez de contenance.
On retire la main en 2 ou 3 étapes, pas d’un coup.
Ça ne marche pas toujours, mais quand ça marche, ça change une journée entière.
→ Option 2 : la sieste posée avec renfort sensoriel
Pour compenser votre absence :
serviette chaude (puis refroidie légèrement) pour limiter l’effet “matelas froid”,
t-shirt porté par vous autour du matelas ou sous le drap-housse,
boudin de contenance ou serviette roulée en U,
main posée sur le torse + murmure,
légère pression sur les hanches (proprioception ++).
Parfois, on gagne 5 minutes… parfois 40.
→ Option 3 : la sieste en mouvement (sauve-vie ponctuel)
Poussette / voiture / porte-bébé : ce n’est pas tricher, ce n’est pas “mauvais”, c’est survivre.
Beaucoup de familles font une “grosse sieste moteur” par jour pour stabiliser les nuits.
→ Option 4 : la sieste partagée (si possible)
S’allonger avec elle, la main sur elle, puis s’éloigner de 5 cm quand elle dort profondément.
C’est souvent la stratégie la moins épuisante quand on n’a aucun relais.
🌙 Pour la nuit : si vous envisagez une transition vers sa chambre
Comme vous le disiez, l’idée n’est pas de précipiter : la priorité, c’est vous protéger de l’épuisement.
Quelques pistes, inspirées de vos approches habituelles :
Jouer dans la chambre pour qu’elle devienne un lieu de plaisir et de sécurité.
Y faire des temps calmes avant les siestes (lecture, comptines).
Proposer les siestes là-bas d’abord, avec vous allongée à côté.
Installer un matelas au sol pour vous allonger avec elle avant de vous retirer progressivement.
Introduire des “signaux stables” : même chanson, même phrase, même caresse → repère pour s’apaiser.
Garder le sein comme allié au moment de l’endormissement, mais introduire de minis séparations (elle s’endort au sein → vous bougez 2 cm → vous remettez un peu de contenance → puis progressivement, elle s’endort contre vous plutôt qu’au sein).
💛 Et surtout…
Il n’y a jamais d’urgence à changer.
Mais si votre limite est atteinte, il est parfaitement légitime de faire évoluer les choses.
Parfois, un minuscule changement de pratique (une sieste moteur, un coucher 15 min plus tôt, une transition plus douce, un renfort sensoriel) suffit à changer votre ressenti — sans brusquer votre fille.
Vous êtes exactement la maman dont elle a besoin, mais vous avez aussi le droit de vouloir vous retrouver un peu.
Courage, vraiment, et toute mon admiration pour ce que vous portez.

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