J’aimerais surtout des idées pour récupérer un peu de ma soirée et éviter ces multiples réveils entre 19h et 22h. Merci
Bonjour,
D’abord, vraiment : ce que vous vivez est beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense, et non, votre bébé de 8 mois ne prend pas de “mauvaises habitudes”. À cet âge, dormir contre ses parents, réclamer le sein pour s’apaiser et avoir besoin d’aide pour replonger dans le sommeil, c’est parfaitement physiologique. Les cycles sont encore courts, et les transitions restent fragiles. Rien d’anormal à ce qu’il sollicite beaucoup votre présence, surtout en début de nuit.
Mais je comprends profondément votre besoin de retrouver un peu de soirée. Ce n’est pas inutile, ce n’est pas égoïste : c’est vital pour votre équilibre, et on peut tout à fait chercher à alléger ces réveils rapprochés sans aller contre les besoins de votre bébé.
Ce qu’il faut savoir, c’est que les réveils très fréquents entre 19 h et 22 h ont presque toujours une explication simple. À cet âge, les deux premiers cycles de sommeil sont normalement “collés” : il n’y a pas de micro-réveil naturel entre les deux. Donc si un bébé se réveille autant dans cette fenêtre, c’est soit qu’un élément environnemental l’a interrompu (un bruit, une perte de contact, une variation de température, la sensation d’être posé alors qu’il s’était endormi contre vous…), soit qu’il n’était tout simplement pas “parti pour la nuit”. Quand la pression de sommeil n’est pas optimale — un poil trop de fatigue, ou au contraire pas assez — les premiers cycles ne se collent pas, et on obtient exactement ce que vous vivez : un réveil tous les 30–45 minutes. Amélie de petit.monde en parle très bien ici, si vous voulez visualiser ce phénomène : https://www.instagram.com/reel/DBduZhbxLDu/
L’environnement joue souvent un rôle majeur. Certains bébés très sensibles aux changements d’ambiance ont besoin de sentir leur corps bien contenu pour rester endormis. Le cododo peut parfois leur sembler “trop ouvert”, trop vaste. Il peut être utile d’essayer de le rendre plus enveloppant : coller le lit contre un mur, recréer des bords doux et fermes sous le drap, ou garder votre main sur son dos quelques minutes après l’avoir posé. Cela stimule sa proprioception — en gros, sa capacité à “sentir” son corps et son espace — et peut l’aider à rester ancré dans le sommeil. Un bruit blanc ou un environnement sonore très stable peut aussi limiter les micro-réveils liés aux sons du reste de la maison.
L’anxiété de séparation peut également jouer à 8 mois. Parfois, le simple fait de lui murmurer où vous allez, que vous reviendrez le voir, suffit à rendre vos allers-retours un peu plus compréhensibles pour lui. Ça ne “résout” pas tout, mais certains bébés s’apaisent vraiment avec cette petite verbalisation.
Et puis il y a la question du rythme. Vous le couchez environ trois heures après sa dernière sieste, ce qui est une base tout à fait correcte. Mais à cet âge, quinze minutes en plus ou en moins peuvent vraiment changer la manière dont la nuit s’installe. S’il s’endort très vite, c’est parfois un signe qu’il manque légèrement de pression de sommeil. À l’inverse, s’il s’agite ou refuse la mise au lit, il est peut-être déjà trop fatigué. C’est souvent un petit ajustement, un tout petit décalage, qui suffit à ce que les deux premiers cycles se collent correctement — et, mécaniquement, à diminuer les réveils du début de nuit.
Vous ne faites absolument rien de travers. Votre bébé fonctionne comme des milliers d’autres bébés de son âge : il cherche votre sécurité, votre contact, et la garantie que tout est stable autour de lui. Et vous avez le droit de chercher à récupérer un peu de votre soirée sans culpabiliser. Souvent, en ajustant légèrement l’environnement ou le rythme, on gagne déjà beaucoup en qualité de début de soirée.