Bébé 6 mois, suite à beaucoup de maladie et inconfort (reflux, otite) ne veut plus que le sein pour s’endormir et se rendormir, alors qu’elle y arrivait parfois seule avant.

Bonjour,
Mon bébé a 6 mois et demi, allaitée exclusivement, diversification débutée tranquillement. RGO et APLV diagnostiquée traitée par IPP, sevrée très progressivement de l’IPP il y a un peu plus de deux semaines sur conseils de l’allergologue. Le sevrage semble être un succès (pas d’inconfort la journée et n’exprime rien de spécial en position allongée). Juste après elle a fait un otite et une laryngite sur une poussée dentaire. Elle a donc eu besoin de réassurance et de soulagement +++ = cododo à fond et tétées à volonté (comme d’habitude mais assez nombreuses sur ces quelques jours douloureux pour elle et surtout tétine inefficace alors qu’avant sur certains réveils la tétine suffisait). Depuis, elle ne peut absolument plus se rendormir autrement qu’avec le sein. Elle se réveille toutes les 2h, n’essaie pas du tout de retrouver seule son sommeil même en début de nuit (elle le faisait avant en tetouillant ses doigts), tend les bras vers moi (enfin vers ma poitrine) et pince très fort ses lèvres pour refuser la tétine, pleure fort si je ne viens pas et si j’essaie autre chose que le sein ou si elle voit son père arriver. Comment pourrais-je l’aider à retrouver ses petits trucs à elle pour repartir dans un nouveau cycle de sommeil sans qu’il y ait systématiquement le sein?

Élément important : juste avant l’otite on l’a changée de lit : on était donc en période d’apprivoisement du nouvel espace de dodo au moment où elle est tombée malade. Elle a passé 3-4 jours en adaptation, puis 3 jours dans notre lit, puis j’ai reintroduis doucement le lit en sieste d’abord et pour la nuit ensuite. Elle s’y endort pas trop mal, souvent avec la tétine et ma présence (elle me tient le doigt). Elle peut réussir à s’y endormir avec son père aussi lorsqu’elle est bien régulée le soir.
Ce nouvel espace n’est sûrement pas idéal mais on n’a pas trop d’options : lit à barreau plus grand que le cododo, éloigné de notre lit dans la chambre mais au milieu du coin vêtements, car on voulait commencer à lui offrir un espace à elle (elle partagera sa chambre avec son grand frère de 3 ans quand on verra un moment propice).

Bonjour,

Ce que vous décrivez fait profondément sens au regard de tout ce que votre bébé vient de traverser. Et je veux commencer par là : son comportement est cohérent, logique et attendu.

Votre fille a enchaîné, en très peu de temps :

un RGO et une APLV (donc un vécu corporel inconfortable sur la durée),

un sevrage d’IPP (même bien toléré en journée, le corps reste “en vigilance” quelque temps),

une otite + une laryngite sur poussée dentaire (douleur + gêne respiratoire),

un changement de lit et donc de repères sensoriels nocturnes.

👉 Pour un bébé de 6 mois et demi, c’est énorme.
Dans ce contexte, qu’elle recherche le sein comme seul moyen de régulation nocturne n’est ni un caprice, ni une régression, ni une perte de compétence : c’est une réponse adaptative à une période d’insécurité corporelle et environnementale.

Le fait qu’elle refuse la tétine, tende les bras vers vous, pleure si vous n’arrivez pas assez vite, ou rejette le père la nuit, ne dit pas “elle ne sait plus faire autrement”, mais plutôt :
👉 “en ce moment, mon seuil de tolérance est trop bas pour tester autre chose.”

Faut-il chercher à retirer le sein maintenant ?

Honnêtement : non, pas frontalement.

Chercher à lui faire “retrouver ses petits trucs” tant que son système nerveux est encore chargé (post-maladie, post-douleur, nouvel environnement) est très souvent voué à l’échec — et à davantage de pleurs, pour elle comme pour vous.

👉 Le sein est aujourd’hui son régulateur principal, le plus rapide et le plus sûr.
Le maintenir n’empêche absolument pas l’émergence d’autres stratégies plus tard.

La piste la plus respectueuse (et la plus efficace)

L’idée n’est pas de remplacer le sein, mais de l’entourer progressivement d’autres aides, sans jamais les imposer.

Concrètement :

continuer à proposer le sein autant que nécessaire la nuit,

pendant la tétée, ajouter doucement d’autres sensations agréables :

caresser ses jambes ou ses pieds,

lisser le front,

poser une main contenante sur le dos ou le ventre,

tapoter doucement les fesses,

lui parler très calmement.

👉 Ainsi, elle associe le soulagement à autre chose que le sein seul, sans perdre sa sécurité de base.

Avec le temps, quand la charge émotionnelle et corporelle aura diminué, vous pourrez parfois :

proposer d’abord une de ces aides si elle est encore à moitié endormie,

et revenir immédiatement au sein si elle se crispe, serre les dents, ou s’active.

Ces signaux-là indiquent que c’est trop tôt. Et dans ce cas, insister serait contre-productif.

À propos du lit et du nouvel espace

Le fait qu’elle puisse :

s’endormir dans ce lit avec votre présence,

parfois avec son père quand elle est bien régulée,

et que vous ayez réintroduit très progressivement,

montre que l’adaptation est en cours. Le lieu n’est probablement pas “le problème”, mais il s’est superposé à une période déjà très vulnérable.

Ce que vous faites (présence, doigt tenu, tétine quand elle l’accepte) est exactement ce qui aide un bébé à apprivoiser un nouvel espace.

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