Bonjour,
Mon bébé a 4 mois et elle ne s’endort qu’au sein ou bien dans les bras en étant bercée sur un ballon. Beaucoup de paramètres pour l’endormir!
La nuit, elle fait souvent des cycles de 3 heures. Elle tète et se rendort. Le coucher se fait vers 22h30. Au petit matin, aux alentours de 5-6h elle ne dort plus que par session d’une heure. Je ne comprends pas cette différence entre début et fin de nuit. Précision: elle est en cododo dans notre chambre.
Pour les siestes en journée, souvent une le matin et deux l’après midi. Si elle est dans les bras, elles peuvent durer 2h. Si j’ose la poser, elle se réveille en 5 minutes. Pourquoi la nuit elle parvient quand même à dormir 3h d’affilée (ça n’est pas la panacée mais mieux que rien) et en journée impossible de la poser ?!
C’est une petite fille très curieuse, qui aime observer et lutte avant de s’endormir.
J’ai la chance d’être toujours en congé maternité mais je vais bientôt reprendre et elle va commencer la crèche et je redoute vraiment qu’elle pleure des heures si elle ne trouve pas le sommeil de manière plus autonome.
Par ailleurs, elle est quand même très accrochée à moi et même son papa a plus de mal à m’endormir car il faut souvent le sein. Elle refuse la tétine et même les biberons avec mon lait….
Bref, je ne sais pas comment faire. J’avoue ne pas être une experte en rituel et horaires fixes…. Ma journée se fait à son rythme et le soir on profite tous les 3 avec son papa et je n’arrive pas à la mettre au lit dès 19h. Elle fait une petite sieste puis ensuite nous dînons avec elle à nos côtés.
Mille mercis pour ce que vous faites ❤️
Bonjour,
Ce que vous traversez n’a rien d’anormal, ni de « raté » : à 4 mois, beaucoup de bébés vivent ce grand bouleversement du sommeil, où tout ce qui « fonctionnait » jusque-là semble soudain demander plus d’énergie, plus de bras, plus de présence. La nuit, les cycles maturent ; le cerveau s’éveille plus souvent, la conscience de la séparation explose. Le jour, la curiosité de votre fille monopolise la moindre parcelle d’attention, et s’endormir devient pour elle presque… manquer une fête !
Votre question sur la différence entre début et fin de nuit est très pertinente. Les cycles de sommeil des bébés sont en effet plus longs et plus profonds en début de nuit, puis deviennent progressivement plus légers vers le matin. C’est purement physiologique , et beaucoup d’adultes connaissent aussi cette fragmentation matinale : c’est juste qu’on arrive le plus souvent à se rendormir … mais que pour nos bébés, c’est l’occasion aussi de nous voir pour un petit shoot de réassurance, de chaleur humaine et de coregulation..
Pour la différence entre les siestes et la nuit : là aussi, rien d’étonnant. En journée, le sommeil des bébés dépend de la pression de sommeil, il n’y a pas d’ hormones qui facilitent le sommeil, et l’environnement est beaucoup moins propice. Dans vos bras ou bercée, votre fille retrouve un cocon rassurant, tous ses sens sont comblés (chaleur, odeur, mouvement). Quand vous la posez – même endormie – le contraste est brutal pour elle (perte du mouvement, température, odeur, sensation de sécurité). Le cerveau des bébés de cet âge n’a pas encore les moyens d’apaiser ces signaux tout seul. Mais la bonne nouvelle, c’est que cela évolue souvent d’ici les mois qui viennent, sans avoir besoin de forcer les choses ou de « briser de mauvaises habitudes ». Non, endormir son bébé au sein ou dans les bras n’entrave absolument pas sa capacité future à dormir « plus seul » – même si certaines idées reçues persistent.
Concernant l’inquiétude : la crèche, et la reprise du travail, sachez qu’un bébé n’a pas besoin de savoir parfaitement s’endormir « tout(e) seul(e) » dans vos bras pour s’adapter ailleurs. Les professionnels de crèche ont l’habitude d’accompagner des enfants allaités, portés, bercés ; bien entendu, la transition n’est pas toujours fluide, mais, portée par la sécurité affective de votre lien, votre fille se construira d’autres repères (odeur, musique, rituel, relais d’un adulte…). Ce n’est pas rare que la sieste soit plus courte au début, qu’il y ait quelques pleurs d’inadaptation, et ça ne préjuge en rien de sa capacité à s’attacher… ni de la solidité de ce que vous avez bâti ensemble.
Vous évoquez le désir de ne pas imposer de rituels rigides ni d’horaires militaires : vous avez raison de vous écouter. La science du sommeil montre que des repères prévisibles (même minuscules : une chanson, une lumière tamisée, un geste) ont bien plus d’effet qu’un horaire strict. Le tout est de créer autour du coucher un « sas » rassurant, sans pression de résultat : un bisou spécial, une phrase que vous répétez, un massage de quelques instants… Même si le coucher reste tardif, ce n’est pas le problème en soi. Ce qui compte, c’est la cohérence, pas la performance.
Des astuces concrètes, si vous souhaitez les tester (sans vous imposer davantage) :
– Proposez parfois le sein un peu avant l’endormissement, puis essayez de finir avec le bercement dans les bras, la main posée sur son ventre ou ses jambes. Ne vous attendez pas à une transformation du jour au lendemain : c’est un chemin, pas une solution miracle.
– Si poser votre fille de vos bras au lit rompt le sommeil, essayez de ralentir le mouvement au maximum, de garder le contact avec une main ferme le temps qu’elle sente la transition. Parfois, utiliser un tee-shirt à votre odeur, réchauffer le drap juste avant de la poser (puis enlever la bouillotte), ou déposer doucement puis faire de légères pressions sur son torse ou ses jambes, permet de limiter le réveil.
– Après 4 mois, beaucoup de bébés commencent à s’attacher à des objets transitionnels (petit lange, douceur), mais si le sein reste son ressource principale… c’est OK, aucun souci ; beaucoup d’enfants « bypassent » la tétine et c’est une bonne chose.
– Multipliez les stimulations motrices en journée (portage, jeux au sol, balades), car plus le corps a d’occasions de se dépenser et de se réguler par le mouvement, plus il apprivoise les signaux de détente du soir.
– Dernier point : ne sous-estimez pas l’accord du couple : profiter de vos soirées à trois, c’est aussi précieux que de « coucher bébé à 19h ». Votre bébé ne joue pas sa santé ou son avenir au quart d’heure près, et ce sentiment de famille, de sécurité et de joie, bâtit au moins autant que n’importe quel horaire « idéal » vanté sur Internet.
Votre instinct est le bon : accueillir les besoins, ne pas forcer, ne pas culpabiliser, et accompagner dans la douceur les petits pas vers l’autonomie. Personne – ni la crèche, ni la maman épuisée, ni la société – ne gagnerait à ce que vous vous mettiez la pression d’atteindre un fantasme d’endormissement « parfait » à 4 mois.