Bébe 3 mois et demi, allaité. Réveils nocturnes et siestes tres courtes. Et s’apaise plus vite avec maman que papa.

Mon bébé a 3 mois et demi et allaitement exclusif.
Des endormissements très compliqué, beaucoup de pleure. Beaucoup de portage et de bercement. Nous devons attendre qu’il dort avant de le poser et il dort max 35 minutes. La nuit depuis une semaine c’est très compliqué il veut dormir que sur moi.
Il s’apaise beaucoup plus facilement avec moi qu’avec mon conjoint pourtant pendant plus de deux semaines c’est mon conjoint qui a gérer tout les coucher (dépression post partum)
Reprise du travail y a une semaine j’ai la chance de pouvoir le prendre avec moi comme je travaille en Mam mais les siestes sont encore plus courte. Des bercement pendant 20 minutes et un réveil au bout de 20 minutes. Il ce reveil plus de 5 fois par nuit

Bonjour,

Votre bébé traverse plusieurs bouleversements en même temps :
– L’évolution normale du sommeil autour de 3-4 mois, avec la fameuse “régression” (expression qu’on adore utiliser alors que le sommeil, en réalité, mûrit et se structure). Résultat : cycles courts, réveils plus fréquents, et bébé qui, surprise, dort mieux sur un parent ou au sein.
– Le besoin physiologique de contact, qui reste maximal à cet âge.
– Votre reprise du travail, qui peut amplifier son besoin de réassurance et votre envie légitime de rentabiliser chaque minute de sommeil.

Quelques pistes que vous pouvez explorer, sans magie ni promesse intenable :

– Le portage et les siestes en mouvement sont parfaitement adaptés, même essentiels, pour beaucoup de bébés dans cette tranche d’âge. Ce n’est pas une faille, c’est une réponse sensorielle indispensable pour son système nerveux.
– La durée des cycles (30-40min) est typique. Elle va s’allonger naturellement, souvent vers 6-7 mois.
– Pour faciliter les transitions bras → lit : matelas préchauffé, tissu porté par vous, poser votre main fermement quelques secondes après la pose… Parfois, ça aide ; parfois, bébé s’en fiche et se réveille quand même. C’est variable.
– Le cododo (berceau ou lit attenant) peut être la moins mauvaise solution pour grappiller des miettes de sommeil, tant que la sécurité est respectée. Laisser votre bébé dormir sur vous la nuit n’est pas recommandé d’un point de vue sécurité, mais dans la vraie vie, beaucoup de parents y recourent ponctuellement. Ne vous flagellez pas si ça doit arriver… mais dès que possible, préférez un environnement sécurisé.
Concernant la différence d’apaisement entre vous et le papa : ce n’est ni un rejet, ni un “échec” de sa part.

Même si votre conjoint a beaucoup géré les couchers pendant plusieurs semaines, il existe à cet âge une préférence biologique fluctuante pour la figure qui assure les soins primaires, et notamment la nourriture. D’un point de vue évolutif, le cerveau du nourrisson est câblé pour maximiser ses chances de survie : il va donc, à certains moments, se tourner davantage vers la personne qui nourrit, qui est présente la nuit, qui régule le plus souvent les états de détresse. Ce n’est pas un choix conscient, ni affectif au sens adulte du terme : c’est de la biologie. rien de personnel.

Ce qui est important, en revanche, c’est de ne pas se retirer sous prétexte que “ça marche mieux avec maman”. Au contraire :

que le papa continue à participer activement aux soins (changes, portage, jeux, moments calmes),

qu’il soit présent aussi pendant les pleurs, y compris en journée,

qu’il puisse être à côté de vous lors des endormissements, participer au rituel, poser sa main, parler doucement,

et, quand c’est possible, proposer lui aussi des temps de régulation (portage, balancement, peau à peau).

Le lien ne se construit pas uniquement au moment où bébé s’endort, mais dans la répétition de micro-expériences de sécurité, tout au long de la journée. Et cette implication-là prépare le terrain pour que, plus tard, bébé puisse s’apaiser avec lui aussi.

Encore une fois : cette phase est transitoire. Elle dit simplement qu’en ce moment, le système nerveux de votre bébé cherche la voie la plus simple et la plus efficace pour se sentir en sécurité.
Cela n’enlève rien à la compétence de votre conjoint, c’est juste la biologie qui parle pour l’instant.

Enfin, ce n’est pas “rendre dépendant” votre bébé que de répondre à son besoin de contact ; en l’état actuel des connaissances, c’est tout l’inverse : la sécurité affective alimente l’autonomie future. Aucune étude sérieuse ne recommande de forcer la séparation ou l’autonomie du sommeil à cet âge. On ne peut pas “mal habituer” un cerveau de 3 mois à la présence de sa mère.

Courage, sincèrement. L’épuisement est réel, mais il n’est pas éternel. N’hésitez pas à demander de l’aide autour de vous si c’est possible pour grappiller une heure de sommeil de temps en temps. Et surtout, ce que vous faites compte : la disponibilité, même usée, même imparfaite, fait toute la différence.

Vous êtes la personne qu’il lui faut — et ces premiers mois si intensément fusionnels ne le resteront pas toute la vie (promis).

Prenez soin de vous, autant que possible, au milieu de ce marathon.

Vous ne trouvez pas de réponse à votre situation ?

Vous pouvez consulter les réponses déjà apportées par nos médecins à ce sujet en tapant votre question ou mots clés dans le moteur de recherche ci-dessous

 

Toujours pas de réponse ? Posez votre question à l’expert de Dormir comme un bébé qui vous répondra rapidement.

 

Vous serez aussi peut-être intéressé.e par :