Mon bébé de 3,5 mois sort doucement de la fameuse régression des 4 mois et je pensais que le problème suivant allait se résoudre de lui même mais depuis sa naissance, cela persiste :
Elle s’endort au sein, en cododo vers 20h. L’endormissement est serein et rapide mais de courte durée. Depuis presque toujours, elle dort 30 min puis se réveille et il faut la rendormir. C’est systématique. Elle se rendort vers 21h. Je commence à désespérer. J’aimerais poursuivre l’endormissement au sein et pouvoir partir rapidement après qu’elle ait rejoint les bras de Morphée. Actuellement, je suis coincée, tous les soirs jusqu’à ce qu’elle lâche prise pour la nuit à 21h donc. Nous faisons attention aux temps d’éveil en journée, toutes les siestes sont en contact, elle dort 3h-4h sur 5-6 sirstes et les nuits sont correctes (11h-12h au total et 2-3 réveils brefs, hors régression). J’ai d’abord eu l’impression que finalement, son heure, c’était 21h sauf qu’elle réclame d’aller au lit à 20h et s’endort en 5min.
J’espérais qu’avec la mise en place du rythme circadien et la production de mélatonine, ce faux départ allait disparaître mais rien n’y fait. Auriez-vous d’autres pistes ?
Un tout grand merci par avance !
Bonjour,
Merci pour votre message — et vraiment, je comprends à quel point cette situation peut être frustrante.
Ce que vous décrivez n’est pas fréquent, et c’est justement pour ça que votre question est intéressante. Beaucoup de bébés ont des “faux départs”, mais une répétition aussi nette, toujours à 20–21h, depuis la naissance, c’est plus rare… et çå questionne forcément.
1. Un schéma très spécifique… qui ne ressemble pas typiquement à un problème de rythme
Comme cela dure depuis longtemps, et qu’elle s’endort rapidement, sereinement, à 20h, ça ressemble moins à un souci de fenêtres d’éveil ou de pression de sommeil.
Le fait que le réveil arrive à 30 minutes pile évoque un phénomène physiologique : la transition entre sommeil léger et sommeil profond, à la fin du premier cycle.
Cela pourrait être :
un reliquat d’immaturité du rythme circadien, même si ça se manifeste de façon inhabituelle,
un système nerveux très réactif au premier changement d’état,
ou une sensibilité à un micro-perturbateur toujours au même moment (lumière, bruit, digestion, température, succion qui change, sensation de froid…).
À 3,5 mois, le rythme jour/nuit n’est pas encore 100% consolidé. La stabilisation se fait progressivement jusqu’à 5–6 mois. Donc oui, il est possible que ce soit une trace de confusion jour/nuit, qui persiste juste sur ce créneau-là.
2. Renforcer les synchroniseurs (les signaux qui apprennent au cerveau “c’est le jour”, “c’est la nuit”)
Ce point est souvent sous-estimé, mais très puissant :
→ Exposition massive à la lumière du matin
Même en hiver, même si le ciel est gris, l’exposition extérieure est 50 à 200 fois plus intense qu’en intérieur.
➡️ Regarder le lever du soleil avec bébé pendant quelques jours fait parfois une différence spectaculaire.
→ Baisser la température le soir
Une pièce trop chaude peut empêcher le passage en sommeil profond.
Si possible, visez 18–20°C — et surtout, une baisse notable le soir.
→ Minimiser toutes les stimulations entre 19h et 21h
Lumières, discussions, bruits… parfois c’est juste un détail qui vient perturber la chute en sommeil profond.
3. Jouer légèrement sur les temps d’éveil
Vous faites très attention au rythme — c’est parfait.
Mais parfois, avec ces bébés très “sensibles”, une fenêtre d’éveil un poil trop courte ou trop respectée peut entretenir le schéma.
➡️ Essayez d’allonger les temps d’éveil de 5 minutes tous les 2 jours, même s’il y a des signes de fatigue (modérés, évidemment).
Voici un Reel utile à ce sujet :
👉 [Augmenter doucement les temps d’éveil]
Cela permet parfois d’éviter l’endormissement “trop tôt”, donc la bascule en sieste.
4. Expérimenter sur les siestes
Elle dort bien (et longtemps) en siestes — c’est un super point, mais parfois :
➡️ tenter de rallonger légèrement une sieste du matin ou de début d’après-midi
➡️ ou écourter celle qui est la plus proche du soir
… peut suffire à changer la dynamique du premier cycle nocturne.
Votre idée d’un rythme circadien en place mais pas complètement consolidé est cohérente : le sommeil global est bon, mais il reste un “accroc” sur ce premier cycle.
5. Dernière piste : un perturbateur constant
Quand un réveil survient toujours au même moment, je vérifie toujours ces points :
baisse du flux de succion / besoin de téter plus fort
petit frisson → température
micro-bruit récurrent dans la maison
changement de position de votre corps en cododo
reflux discret mais cyclique
digestion du repas précédent
tétée qui arrive “trop tôt” avant l’endormissement..
En résumé:
Les pistes existent, mais elles passent par du tatonnement intelligent, pas par une grande méthode unique.
Si après quelques ajustements rien ne bouge, un suivi plus fin des temps d’éveil pourra vraiment aider à comprendre le “pourquoi juste 20h–21h”.
J’espère que vous trouverez vite la cause de ce réveil si frustrant!