Bébé 26 mois, neophobie alimentaire et besoin de présence en fin de nuit

Bonjour,

J’ai un fils de 26 mois qui mange et dort assez mal. Depuis mars dernier, il a commencé à faire une sélectivité alimentaire importante au point aujourd’hui de ne manger plus que biberon, yaourt, compotes, pommes, gâteaux, et très rarement poisson ou poulet (de temps en temps si c’est pané uniquement), et frites. Même pas de pâtes ! Et plus aucun légumes (avant j’arrivais à le glisser dans sa compote mais à présent refuse catégoriquement).

On a eu une période difficile niveau sommeil récemment où il se réveillait pour demander des biberons et dormir dans notre lit. Il n’a jamais très bien dormi mais c’était devenu très éprouvant particulièrement ces derniers temps.
On a suivi des conseils type fée dodo (jamais en le laissant seul ou peu de temps) tout en l’adaptant à ce qu’on était capable de supporter.
Pour être honnête, ça a quand même aidé un peu car il s’endort beaucoup mieux depuis et se réveille plus en plein milieu de la nuit, ne demande plus de biberon ou notre lit. En revanche, on doit encore être au fond de la chambre pour qu’il s’endorme et du coup vers 5h (parfois avant), il se réveille et demande notre présence. Il finit souvent par se rendormir dans nos bras sur le canapé (on refuse de retomber dans notre lit, ça a été trop difficile).

À part ça c’est un garçon qui semble aller très bien ! Pas mal dans l’opposition en ce moment mais rien d’inquiétant. Il est assez facile à vivre et enjoué ! Il a une sœur de 5 ans qui mange bien, dort bien et va très bien 😊

En revanche, ça devient difficile de tenir le coup côté sommeil et je suis assez inquiète sur des possibles carences sur son alimentation même si j’essaie sincèrement de ne rien montrer comme tout le monde me le conseille. C’est surtout depuis l’arrêt des légumes que je suis inquiète.

Merci beaucoup pour votre aide.

Julia

Bonjour Julia,
Effectivement, la période des deux ans est souvent un cocktail explosif : plus d’opposition, plus de sélectivité alimentaire, des besoins de sommeil encore fluctuants, et des parents qui jonglent avec tout ça comme ils peuvent.
Sur l’alimentation
La sélectivité alimentaire que vous voyez — ce fameux « je mange trois aliments en boucle et rien d’autre » — est un passage presque universel entre 18 mois et 5 ans.
C’est la néophobie alimentaire : un mécanisme protecteur inscrit dans le développement humain. Leur cerveau les pousse à se méfier des goûts et textures nouvelles. C’est épuisant pour les parents, mais très rarement synonyme de carences réelles, surtout quand l’enfant reste enjoué, actif et continue de grandir correctement.
Il existe cependant une distinction importante, rarement expliquée aux parents : la différence entre néophobie et picky-eating (un mangeur vraiment difficile).
La néophobie est transitoire, fréquente, normale.
Le picky-eating est durable, plus rare, avec hyper-sélectivité extrême, anxiété alimentaire, refus massif des aliments, ralentissement potentiel de croissance, parfois lié à une hypersensibilité sensorielle ou à une peur d’étouffer.
Vous décrivez un petit garçon joyeux, curieux, vivant, qui mange encore des produits laitiers, fruits, compotes, un peu de protéines… Cela s’inscrit beaucoup plus dans une néophobie classique que dans un picky-eating pathologique.
Mais si votre inquiétude devient trop forte, c’est parfaitement légitime d’en parler à un professionnel diplômé (médecin ou diététicien spécialisé). Et si vous cherchez un compte fiable qui vulgarise très bien ces sujets, Feedgood Nutrition est une ressource d’une grande qualité.
Sur le sommeil
Vous avez déjà fait un travail énorme, et ça se voit.
L’endormissement est plus fluide, les réveils nocturnes ont diminué, il ne demande plus de biberon ni votre lit. C’est exactement ce que recommande l’approche moderne du sommeil : accompagner plutôt qu’imposer, adapter plutôt que lutter.
Le point encore délicat reste ce réveil autour de 5h. Mais — et c’est essentiel — ce n’est probablement pas lié au fait que vous restiez dans sa chambre pour l’endormir.
Beaucoup d’enfants qui s’endorment au sein dorment ensuite toute la nuit sans aide, et beaucoup d’autres qui s’endorment seuls réclament un parent en plein milieu de la nuit. Il n’existe pas de lien mécanique entre la façon de s’endormir et la capacité à se rendormir vers 5h.
Si c’est difficile à cet horaire, c’est avant tout parce que… 5h du matin est physiologiquement l’heure la plus compliquée pour tout le monde.
La pression de sommeil est minimale, la mélatonine s’est effondrée, la vigilance remonte, le corps se prépare au réveil. Ce n’est pas de l’habitude, ni de la dépendance : c’est juste dur, et il a besoin de vous.
Pour alléger votre charge, vous pouvez tout à fait aller dans sa chambre plutôt que dans le canapé (un matelas au sol peut vraiment changer les nuits).
Vous pouvez aussi vérifier la température : beaucoup d’enfants se rendorment mieux dans des bras plus chauds que leur lit froid, ce qui peut être une piste.
Et il peut être intéressant d’observer son besoin global de sommeil : parfois, un simple ajustement de la sieste ou de l’heure du coucher suffit à diminuer ces réveils de l’aube. Par exemple, si la pression de sommeil le matin est trop faible, un coucher légèrement plus tard ou une sieste un peu raccourcie peut rendre le réendormissement plus facile – à tester tout en douceur, sans forcer.
Mais surtout : ce n’est pas un échec. Ce n’est même pas un “problème” en soi.
C’est une étape, et elle passera — souvent sans qu’on sache exactement quel élément a fait tourner la roue.

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