Bébé 13 mois, besoin du sein pour s’endormir et se rendormir, et de triturer l’autre sein ce qui est désagréable. Comment arrêter/diminuer le besoin du sein la nuit sans arrêter l’allaitement?

Bonjour,
Ma fille de 13 mois s’endort majoritairement au sein depuis sa naissance. Je pratique le cododo au sol dans sa chambre avec elle depuis ses 3 mois (avant elle était dans la chambre parentale mais pas assez sécurisée pour continuer). Elle tête donc pour s’endormir, se réveille quasiment toujours 40min plus tard puis toutes les deux heures. Elle dort entre 11 et 12h par nuit.
Depuis quelques temps elle a pris l’habitude de triturer mes seins pour s’endormir ce qui est assez douloureux et désagréable pour moi. Elle le fait quand elle tête et quand elle a la tétine. Si je lui enlève la main (surtout quand elle a la tétine) elle se met à hurler et ça l’empêche de s’endormir ou la réveille complètement si elle était en somnolence sur un réveil de nuit. Ce qui entraîne des réveils nocturnes assez longs.
Ces deux derrières nuits j’ai réussi à l’endormir en la berçant après une tétée dans sa chambre allumée. Mais dès son premier réveil impossible de l’endormir de nouveau de cette manière elle hurle si je ne lui donne pas le sein ou si elle ne peut pas l’avoir en main.
Son père essai de la bercer pendant ses réveils mais elle hurle aussi.
Je ne sais pas comment la détacher du sein de manière douce sans arrêter l’allaitement, j’ai beau lui expliquer, accueillir ses pleurs toujours à mon contact ou celui de son père, la bercer, la câliner, elle fini toujours en détresse.
Je vous remercie d’avance.
Alexandra

Bonjour Alexandra,
Ce que vous décrivez n’a absolument rien d’anormal. Chez certains enfants, le sein devient bien plus qu’un moyen de s’alimenter : c’est un outil d’apaisement sensoriel, émotionnel et relationnel extrêmement puissant. La succion, la chaleur, l’odeur… mais aussi le toucher. Beaucoup d’enfants ont ce geste de “triturer” : certains prennent un bout de tissu, d’autres une mèche de cheveux, d’autres encore le mamelon. C’est leur manière à eux de se réguler, et ce n’est ni une mauvaise habitude, ni un signe que vous auriez “mal fait”. Tous les bébés n’ont pas la même intensité de besoin, et le vôtre a simplement un profil très sensoriel, très ancré dans le contact.
Mais cela n’enlève rien à votre réalité : si ce geste est douloureux ou désagréable pour vous, c’est une vraie limite corporelle, et elle est légitime. La maternité ne demande pas de sacrifier son corps ou d’endurer la douleur par loyauté affective. Poser une limite sur ce point, ce n’est pas la priver, c’est préserver votre capacité à continuer d’être disponible autrement.
Pour l’aider à se détacher de votre peau sans se détacher de vous, vous pouvez introduire un objet transitionnel — un petit doudou plat, un lange doux, un tissu imprégné de votre odeur. L’idée n’est pas d’attendre qu’elle l’adopte tout de suite comme par magie, mais de l’associer pendant la tétée : placez le tissu entre sa main et votre sein, ou sur votre poitrine, pour qu’il prenne votre chaleur et votre odeur. Au début, elle ne le tolérera peut-être que quelques secondes avant de revenir chercher votre peau. C’est normal. Vous pouvez alors, à chaque tentative de triturer, ramener doucement sa main vers l’objet — des dizaines de fois si nécessaire. Le but est de créer la familiarisation, pas la substitution immédiate.
Certaines familles trouvent utile d’avoir un petit objet “à manipuler” — un fidget sensoriel souple, un petit textile texturé (Hop’Toys en propose, juste pour vous donner une idée). Cela canalise ce besoin tactile très fort, sans douleur pour vous.
Vous avez déjà commencé à proposer l’endormissement sans le sein, et c’est une avancée importante. Même si ce n’est pour l’instant possible qu’au premier coucher et pas aux réveils nocturnes, cela montre que son système peut s’apaiser autrement lorsque les conditions sont idéales (lumière, proximité, disponibilité). Pour les réveils de nuit, c’est encore trop difficile pour elle — et c’est très cohérent avec son âge, son tempérament et son besoin de repères sensoriels.

C’est un thème qui est revenu souvent, et dont je parle plus en détails dans ces réponses, peut-être vous apportera-t-elle des pistes exploitables pour vous :

https://dormircommeunbebe.eu/bebe-15-mois-endormissement-et-rendormissement-au-biberon/ (ou je parle de dissocier le biberon de l’endormissement, ça reste valable pour le sien)

https://dormircommeunbebe.eu/bebe-de-14-mois-en-cours-de-sevrage-nocturne-des-astuces/ (ou je parle de remplacer le sein par d’autres aides au sommeil.
Ce que vous vivez n’est pas un enfermement, ni une “dépendance” qui vous échapperait : c’est un besoin intense et encore immature, qui finira par évoluer. La sécurité que vous lui offrez n’est jamais un frein à l’autonomie ; au contraire, c’est son moteur.
Vous avez parfaitement le droit de penser à vous, d’écouter votre douleur et votre fatigue, et d’ajuster les choses à votre rythme à vous aussi. Rien de ce que vous faites ne pose problème ; vous cherchez simplement un équilibre plus confortable, et c’est absolument légitime.

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