Bonjour
Ma fille a 11 mois elle est allaitée à la demande depuis la naissance. Elle a une belle croissance (10,5kg) et est diversifiée, elle mange bien et se développe très bien (motricité langage)
La nuit elle dort dans mon lit à mes côtés (sieste aussi) et se réveille de manière aléatoire (3 comme 10 fois par nuit …) je suis fatiguée … J’avais sevré son grand frère la nuit a 2 ans car il sevré réveillait toutes les deux heures pour téter. Je me pose la question de sevrer ma fille la nuit pour qu’elle ne se réveille plus qu’en pensez vous ?
Actuellement je l’endors au sein, elle s’endort généralement très rapidement vers 19h30/20h (20 minutes en moyenne) et puis va se réveiller 30 minutes après puis toutes les 2/3h jusqu’à 4h du matin et après elle va se réveiller très régulièrement et parfois vers minuit 1h aussi elle va se réveiller beaucoup (toutes les 10/30 minutes) Est elle trop petite pour un sevrage la nuit ? Et pensez-vous qu’elle arrêtera de sevrer reveiller si je stoppe le tétée de nuit? Est-ce que je commence par des paliers (23h/4h par exemple) pour la réguler ? Mon fils a commencé à dormir des nuits complètes à partir du moment où il a été sevré la nuit. Enfin il pouvait se réveiller une fois pour un câlin et dormait aussi à mes côtés dans le même lit. Merci beaucoup de votre aide et merci pour tous vos contenus passionnants et aidants
Fanny
Bonjour Fanny,
Je vais tâcher de vous donner un éclairage à la fois réaliste, rassurant, et quelques pistes si vous sentez que le sevrage nocturne devient nécessaire pour votre équilibre – le tout sans jamais sacrifier les besoins d’attachement de votre petite.
Normal ou pas, ces réveils fréquents ?
À 11 mois, plus des deux tiers des bébés allaités (et même non allaités !) se réveillent encore plusieurs fois la nuit pour téter, s’apaiser, vérifier que la figure d’attachement n’a pas mystérieusement disparu.
Cela ne traduit aucune “mauvaise habitude”, ni une faille éducative, ni même une carence alimentaire.
À cet âge, la plupart des bébés n’ont tout simplement pas la maturité cérébrale pour enchaîner des cycles entiers sans se réveiller.
Se réveiller, vérifier votre présence, repasser par le sein : c’est leur routine de sécurité. Scientifiquement, c’est même la norme.
Mais évidemment, ce qui est statistiquement normal n’est pas toujours “vivable” pour toutes les familles, surtout quand la fatigue s’accumule.
Sevrer la nuit : à partir de quand, et quels effets espérer ?
À 11 mois, avec une belle courbe de croissance et une diversification bien installée, il devient envisageable de réfléchir à espacer ou cesser progressivement les tétées de nuit… si c’est VOUS qui en avez besoin.
On ne parle pas ici de régime sec ou d’arrêt brutal.
Et il n’existe aucune garantie que l’arrêt des tétées supprimera tous les réveils : beaucoup d’enfants continuent de se réveiller pour d’autres raisons que la tétée. Mais oui, chez certains, le sevrage nocturne permet d’allonger certaines phases de sommeil ou de rendre les micro-réveils moins exigeants.
Votre expérience avec votre fils est celle de beaucoup : un sevrage nocturne, puis des nuits plus continues, même si un contact ou un câlin reste parfois nécessaire. Rien de “choquant” à espérer cela, surtout quand l’épuisement devient trop lourd.
Faut-il tout arrêter d’un coup, ou avancer par étapes ?
D’abord, verbaliser à votre fille ce qui change, même si elle ne comprend pas tout :
« Cette nuit, les tétées sont pour quand il fait jour. La nuit, je reste là avec toi, mais on va essayer autrement… »
Un sevrage brutal n’est ni nécessaire ni souhaitable : il génère souvent beaucoup de pleurs inutiles.
Quelques approches possibles :
Espacer les tétées, une par une : commencer par repousser légèrement la première de la nuit, puis progressivement. Ne changez qu’une chose à la fois. (Si bébé hurle intensément d’emblée, cette méthode n’est peut-être pas adaptée.)
Remplacer la tétée par une autre forme de réassurance : caresse, main posée, bercement, mots doux… Ajouter d’abord des aides, avant de retirer le sein, est souvent mieux accueilli.
S’appuyer sur la proximité physique : main contre elle, câlins, fredonner, tapotement sur les fesses, doudou contre le visage… On ne retire pas le contact : on change le mode de contact.
Garder le sein du soir et/ou du matin plus longtemps, si vous le souhaitez : ces tétées sont particulièrement chargées d’émotion. Rien n’oblige à tout arrêter d’un coup.
Solliciter le papa, quand c’est possible, pour un ou deux réveils. Parfois, cela suffit à enclencher de nouvelles routines.
Si elle continue à se réveiller ?
Parfois, malgré la diminution des tétées, les réveils persistent, car ils sont liés à l’adaptation émotionnelle, aux acquisitions, ou à la sécurité interne.
Refuser le sein ne signifie pas qu’elle va dormir 12h d’un coup (certains le font, mais ce n’est pas la majorité !).
L’essentiel est d’être présente, chaleureuse, et d’ajuster vos réponses à vos limites.
Ne jamais laisser pleurer seule.
Ne jamais imposer une séparation sans filet.
Et ne jamais céder à l’idée qu’un “bébé qui mange bien doit dormir d’une traite”.
Quelques pistes pour accompagner l’endormissement sans le sein
Proposer la tétée plus tôt dans le rituel, puis finir autrement (voix, contact, bercement).
Associer l’endormissement à de nouveaux repères sensoriels (chanson, lumière, doudou).
Impliquer une autre figure d’attachement pour une partie du coucher.
Dormir dans la même pièce temporairement (matelas au sol), pour éviter de cumuler sevrage + séparation physique.
Je vous encourage vraiment à avancer à votre rythme, à valider vos propres besoins et à ne jamais culpabiliser de vouloir dormir davantage.
Un parent épuisé n’aide personne — et surtout pas un bébé.
Prenez soin de vous.
Ce n’est pas parce que tout cela est “physiologique” que vous devez tout supporter : vos besoins comptent autant que les siens.
Je vous souhaite beaucoup de douceur dans ces nuits mouvementées.