Bonjour,
Notre bébé de presque 4 mois (né à 38 SA) a vu son sommeil se dégrader depuis une semaine et nous cherchons des pistes d’amélioration.
Il dort en cododo, avec un rituel stable, et s’endort entre 18h30 et 19h. Jusqu’à récemment, il faisait 2 réveils nocturnes pour téter, et se réveillait entre 6h et 7h30.
Depuis quelques jours, il pleure vers 21h30 puis se réveille environ toutes les 2 heures. Le sein permet un rendormissement rapide, mais parfois cela ne suffit pas. En journée, il fait 4 siestes souvent courtes et est très éveillé et actif. Nous nous interrogeons sur un éventuel lien avec :
La régression du sommeil des 4 mois
Un besoin accru de réassurance / succion
Une inadéquation entre pression de sommeil, horaires de coucher et siestes
Nous cherchons des conseils et pistes concrètes d’ajustement pour améliorer la consolidation du sommeil et retrouver un rythme plus soutenable, evidemment au fond de nous nous sommes dans l’attente de “nuit complète”, mais notre priorité est de nous adapter au rythme de notre fils et donc de mieux le comprendre. Par avance pour vos retours.
Bonjour,
A presque 4 mois, ce que vous décrivez est très fréquent.
Quand le sommeil « se dégrade » à cet âge, il ne s’agit généralement pas d’un retour en arrière, mais d’un changement profond dans l’organisation neurologique du sommeil.
Autour de 4 mois, le sommeil devient plus mature, plus proche de celui de l’adulte :
les cycles sont plus courts,
les micro-éveils plus fréquents,
et la conscience de l’environnement beaucoup plus marquée.
Résultat : les bébés se réveillent davantage entre les cycles et ont besoin de retrouver ce qui était présent à l’endormissement (présence, contact, sein, odeur familière) pour repartir.
👉 Ce n’est ni un problème, ni un « mauvais apprentissage » : c’est une étape neuro-développementale normale.
Besoin accru de réassurance et de succion
À cet âge, la succion ne sert pas seulement à s’alimenter.
Elle :
régule le système nerveux,
facilite l’enchaînement des cycles,
et rassure un bébé qui commence à mieux percevoir la séparation.
Le fait que le sein permette souvent un rendormissement rapide n’est pas un signe de dépendance, mais un outil de régulation parfaitement adapté à son âge.
Malgré certains discours culpabilisants, le sein pour se rendormir n’a rien d’une « fausse bonne habitude ».
Pression de sommeil, rythme et siestes
C’est sans doute le levier le plus intéressant à explorer, non pas pour « faire dormir plus », mais pour avoir une pression de sommeil optimisée.
Plusieurs éléments méritent attention :
un coucher assez précoce (18h30–19h),
sachant que 70 % des bébés ont naturellement une nuit comprise entre 10h30 et 11h30 : un réveil matinal n’est donc pas anormal, mais les réveils nocturnes répétés peuvent suggérer une pression de sommeil imparfaite ;
4 siestes souvent courtes ;
un bébé très éveillé et actif en journée.
Sans tout révolutionner, on peut explorer :
un léger décalage progressif du coucher (15–20 minutes),
en observant surtout l’état du bébé au coucher : apaisé ou déjà très chargé nerveusement.
Siestes et micro-réveils
À 4 mois, les besoins de sommeil varient beaucoup d’un bébé à l’autre — et même d’un jour à l’autre.
Des réveils toutes les 2 heures peuvent refléter :
un besoin de réassurance accru (très courant),
des micro-réveils physiologiques qui s’allongent si la pression de sommeil n’est pas optimale,
parfois un excès de sommeil sur 24h qui fragmente la nuit.
Environnement et régulation sensorielle
À mesure que la conscience des transitions augmente, un environnement très constant peut aider : faible lumière, bruit blanc doux, une odeur familière.
Certains bébés se régulent aussi mieux avec une contenance (d’où le besoin de contact), que l’on peut simuler en étant plus près du mur (cela donne un sentiment de sécurite accrue)
En fin de journée, une agitation est fréquente : elle correspond à la mise en place du rythme circadien. Les humains ont un regain d’activité avant la montée de la mélatonine du soir — biologiquement utile, mais parfois déroutant.
Chez les bébés ayant un grand besoin de bouger, cela peut aussi traduire un besoin de stimulation sensorielle et proprioceptive (mouvement, portage, pressions, contacts avec des surfaces). Ces entrées sensorielles sont fortement apaisantes — ce qui est cohérent avec un bébé qui se calme facilement au sein, très riche en stimulation proprioceptive.
N’hésitez pas à explorer ces quelques pistes et à revenir vers moi si l’une d’entre elles semblent fonctionner, et que vous avez besoin de plus de guidance.