Bébé 5 mois, tétée toutes les 2-3 heures la nuit. Comment espacer les tétées, et introduire le papa pour le coucher du soir et la nuit?

Bonjour
Mon bébé de 5 mois né à 37 semaines tête toutes les 2h 3h depuis sa naissance. Nous sommes en cododo. Il a deux ou trois biberons de lait infantile la journee depuis 3 semaines en vue de ma reprise du travail la semaine prochaine. La nuit il tête 3 ou 4 fois et se rendort tout de suite (on dirait qu’il ne se réveille meme pas), sur moi la 2e partie de la nuit. Il se réveille pour de bon au bout de 12h généralement.
En journée ses meilleures siestes sont en portage (deux sur 3) car cela peut être 1h40. Mais parfois seulement 30 min, comme quand je le pose dans son lit après l’avoir bercé
A 19h il tête et je le pose somnolent dans son lit il part généralement pour 3h. Avec la reprise du travail et tout le rythme qui va avec je suis inquiète d’avoir des nuits encore autant hachées même si je comprends ses besoins. Il a un petit estomac car il prend des biberons la journée entre 70 et 150 ml. Il mange plus la nuit clairement et peut ne pas avoir faim entre 7h et 12h le matin.
Mes questions ;
Comment faire pour espacer les tétées nocturnes ? Faut-il attendre que cela se fasse naturellement ?
Comment faire pour que le papa puisse le coucher sans sein et sans drame ? J’aimerais pouvoir sortir sereinement un soir et j’ai un déplacement à l’étranger en mars pour le travail cela m’effraie.
Merci infiniment !

Bonjour,

Je commence par l’essentiel : ce que vous vivez est extrêmement courant à 5 mois, et l’organisation que vous avez trouvée (cododo, tétées nocturnes, siestes en portage…) n’a RIEN d’anormal ni de problématique – même si, oui, c’est épuisant (et on espère tous un peu que la “vague” va passer toute seule).

Pourquoi ces réveils et besoins de tétées nocturnes ?
À 5 mois, les cycles de sommeil de votre bébé sont encore courts, il est en pleine maturation cérébrale, et son tout petit estomac le force à fractionner les prises. Beaucoup de bébés compensent la nuit ce qu’ils ne prennent pas en journée (par distraction, fatigue, découvertes…) Ce que vous décrivez – tétés quasi automatiques, parfois plus longues et rapprochées la nuit – est parfaitement physiologique. Le besoin alimentaire n’explique pas tout : il y a aussi le besoin de contact, de régulation, de sécurité (c’est même LA base du sommeil à cet âge).

Est-ce que ça va s’espacer naturellement ?
La plupart du temps… oui. Mais on ne peut pas le prédire précisément (pas très “vendeur” comme réponse, je sais). Certains bébés dorment de plus longs blocs autour de 6-7 mois, d’autres seulement bien après. Il n’existe, en l’état actuel des connaissances, aucune « recette miracle » garantissant qu’un bébé de 5 mois va s’espacer de nuit simplement parce qu’on change un détail du rituel ou du biberon du jour. Ce que l’on sait :
– Bébé commence à allonger la nuit quand il intègre assez de calories le jour… ET quand sa sécurité affective est assez solide, ET quand son cerveau est mûr.
– Les pressions externes (“il faut l’habituer sinon il va faire ça jusqu’à ses 18 ans !”) sont infondées : les études montrent que répondre rapidement aux besoins la nuit favorise, paradoxalement, une meilleure autonomie plus tard.
– Tous les bébés n’ont pas le même rythme de progression – et ce n’est ni de votre faute, ni du sien.

Que pouvez-vous tenter si (et seulement si) c’est trop lourd pour vous ?
– Continuez à proposer les biberons de la journée le plus calmement possible, sans forcer, et proposez la tétée à l’éveil dès que possible. Certains bébés prennent mieux en portage, d’autres en semi-obscurité… Cela peut aider à ce que les apports soient un peu mieux répartis sur 24h, et parfois, les réveils nocturnes s’espacent un peu.
– La nuit : Essayez, si vous vous en sentez l’énergie, d’introduire d’autres rituels d’apaisement en parallèle de la tétée (bercement, caresses, rassurer par la voix, pression douce des mains…). L’objectif ? Que, tout doucement, bébé associe d’autres signaux au retour au calme, et pas uniquement la succion. Ça ne “marche” pas d’un coup, mais ça prépare doucement le terrain.
– Pour la “seconde partie de nuit sur vous” : Vous n’êtes pas la seule à le vivre, et ça ne fabrique aucune “mauvaise habitude”. Souvent, les bébés ont cette demande accrue en fin de nuit, car le sommeil est différent, plus léger, les besoins de contact explosent. Si c’est le seul moyen de dormir, ce n’est pas grave… Et cela passera.

Et le papa, pour les couchers:
Oui, c’est possible, même si ce n’est pas toujours linéaire (et, oui, parfois ça “dramatise” au début : c’est normal, et ce n’est pas parce qu’il ne “sait pas faire”, mais parce que papa n’a pas le même superpouvoir qu’un sein). Ce que vous pouvez essayer :
– Proposez, lors d’un moment calme (plutôt le week-end ou lors d’une sieste), que papa prenne le relais du coucher, SANS que vous quittiez la maison la première fois. Vous restez présente dans une autre pièce, sans intervenir, sauf grosse détresse.
– Papa peut inventer son propre rituel : portage, bercement, chanson, tapotement du dos… Mais la constance est la clé. L’idée n’est pas qu’il “remplace le sein”, mais qu’il propose un nouveau chemin pour l’apaisement.
– La première fois, ça peut râler, pleurer, protester fort (parce que le cerveau de bébé SPOTTE immédiatement la différence d’outils !). Si c’est un pleur de protestation et non de détresse, papa peut accompagner, soutenir, expliquer, sans jamais laisser seul.
– Plus on commence tôt à inclure papa dans le rituel de coucher (sans le rendre “exceptionnel”, mais en lui donnant régulièrement cette mission), plus bébé intègre que ce n’est pas “perte irrémédiable de sa figure d’attachement”.
– Et surtout, ça finit toujours par passer… même si la première fois est rarement la plus simple (en vrai, chez beaucoup de familles, il faut plusieurs essais). Ça ne veut pas dire que bébé “naccepta jamais le coucher sans tétée” – juste qu’il a besoin qu’on le réassure sur la continuité du lien, avant de lâcher prise.

Enfin, la séparation pour votre déplacement
Beaucoup de bébés dorment “différemment” en l’absence de l’odeur du lait et de la figure principale d’attachement (oui, même ceux qui hurlent au moindre écart en temps normal !). Mais il est aussi possible que papa vive des soirées plus compliquées la première nuit, puis que ça s’apaise après.
Ce qui aide :
– Anticiper dès aujourd’hui, en incluant papa plus souvent, sans faire de la séparation un drame ou un “enjeu”.
– Verbaliser à bébé (“Tu as vu, ce soir c’est papa qui va t’accompagner, maman est tout près, on est là pour toi…”)
– Prendre soin de vous aussi, et ne pas culpabiliser : partir pour le travail n’est pas un abandon. Vous faites le maximum dans un contexte qui vous impose ses limites, et vous restez une maman incroyable.

Je vous envoie tout mon soutien et mes encouragements. Vous faites tout ce qu’il faut, même quand c’est lourd à porter.

Prenez soin de vous aussi, vraiment.
N’hésitez pas à revenir, ici ou sur le blog, si besoin d’autres exemples ou d’idées pour la logistique avec papa ou la préparation à la séparation !

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