Bonjour,
Mon fils a 26 mois actuellement, il est allaité et prend toujours le sein la nuit. Nous pratiquons le cododo, lorsque je ne suis pas à côté, il va se réveiller pour téter, si je suis à côté, il va venir à moi prendre le sein tout en dormant.
J’aimerais réduire voir arrêter ces tétées nocturnes.
Je ne suis pas aidée par son père qui souhaite un sevrage complet et qui ne m’aide pas de ce côté-là.
Il s’endort la plupart du temps au sein ou après avoir teter. Il lui arrive également de dormir en poussette ou en voiture.
C’est un enfant en pleine forme, très dynamique et sportif et dans les courbes hautes.
Depuis peu, il arrive à se rendormir quelquefois sans le sein.
Je vous remercie de cette opportunité donnée.
Bonjour,
Quelques points pour poser le décor
À 26 mois, il n’est pas anormal qu’un enfant cherche encore la tétée pour s’endormir ou lors de ses micro-réveils nocturnes — surtout en cododo, et quand le sein reste disponible (et pourquoi s’en priveraient-ils, franchement ?).
Les cycles de sommeil des tout-petits comportent des micro-éveils physiologiques. Tant qu’un mode d’apaisement sûr est à disposition (ici le sein… et Maman !), ils y reviennent tout naturellement, surtout si cela a toujours fait partie de leur répertoire.
Vous signalez :
qu’il commence parfois à se rendormir sans le sein,
que le sommeil peut se faire ailleurs (poussette, voiture),
qu’il est en pleine forme.
Ce sont des signes encourageants : il explore déjà d’autres stratégies d’endormissement, même si elles ne sont pas encore systématisées la nuit.
De plus, aucune inquiétude alimentaire ni développementale n’apparaît.
👉 Sur ces points : rassurez-vous, vous faites bien.
Sur la question du sevrage (ou de la diminution) des tétées nocturnes
Vous avez le droit de vouloir changer ce rythme, sans culpabilité.
Vos besoins comptent autant que les siens.
Il n’y a ni trahison ni atteinte à l’attachement à poser vos limites — surtout quand l’épuisement s’accumule ou qu’un écart se creuse entre vos désirs parentaux.
Personne ne sort gagnant d’une maman complètement vidée.
Quelques pistes douces pour cheminer
(à adapter à votre rythme et, surtout, à ce que VOUS sentez possible)
Prévenir et expliquer
Le cerveau d’un tout-petit comprend bien plus que ce qu’il exprime. Dire chaque soir ce qui va changer (par exemple : « La nuit, le lait dort. Toi tu peux dormir, maman est là à côté de toi. Tu pourras téter demain matin ») prépare les transitions.
Ce n’est pas magique, mais cela pose des repères.
Espacer, étape par étape
Commencer par supprimer ou décaler UNE tétée (par exemple ne pas proposer systématiquement lors d’un micro-réveil s’il semble prêt à se rendormir avec une caresse ou votre présence).
Peu importe si ce n’est pas tous les jours : la constance se construit en chemin.
Remplacer le sein par d’autres moyens de réassurance
Main posée sur le dos, caresse, petit massage, chansonnette…
L’idée n’est pas de tout retirer d’un coup, mais d’ajouter d’autres passerelles d’apaisement, progressivement.
Garder une proximité physique (y compris en cododo)
Il est possible de maintenir le partage du lit tout en posant la limite sur la tétée.
C’est souvent plus simple que de supprimer d’un coup proximité ET tétée.
Beaucoup d’enfants cododotent sans tétée, mais aucun ne s’endort seul dans un trou noir, par pure volonté.
Accepter que la nuit ne se transforme pas du jour au lendemain
L’enjeu est l’accompagnement du changement, pas la perfection.
Certains enfants ont besoin d’étapes très progressives, surtout quand la tétée est très investie émotionnellement.
Si vous êtes seule à porter cette transition
(le papa n’étant pas partie prenante sur ce point), soyez encore plus douce avec vos propres limites.
Un arrêt trop brutal risque davantage de déclencher panique, réveils plus fréquents et sentiment d’isolement pour vous.
Avancez quand c’est tenable pour vous, pas sous sommation extérieure.
Aucune méthode “parfaite”, aucune garantie
Même avec beaucoup de patience, certaines nuits seront plus difficiles — surtout lors des acquisitions, maladies ou périodes d’angoisse de séparation.
Ce n’est pas un retour en arrière : c’est le rythme humain.
Courage pour les nuits « sans »,
douceur pour les soirs « avec »,
et surtout, prenez soin de vous aussi.