Bébé de 10 mois sommeil en dents de scie
Bébé de 10 mois allaitée exclusivement depuis la naissance née à terme sans problème n’a jamais fait de nuits complètes ou dormi plus de 3h d’affilée.
Les siestes ne sont jamais très longues (45min à 1h) et sont une bataille permanente sauf à la crèche (3 jours par semaine) ou apparement l’endormissement serait autonome.
Le rituel du coucher est toujours similaire et l’endormissement se fait majoritairement au sein (aux alentours de 20h). Les réveils dans la nuit sont de plus en plus longs et seul maman peut les calmer (grosses larmes et presque hurlement si papa)
Elle dort dans sa chambre depuis ses 8 mois (on a remarqué qu’on accentuait ses réveils nocturnes)
Seulement nous avons remarqué que lorsqu’elle fait sa dernière sieste tard (réveil à 18h) et que son coucher arrive tres tard (~23h) alors la nuit se fait de manière quasi complète (très rarement 1 réveil) et elle se lève à 7h pour téter et se rendort sans problème jusqu’à 10h.
Mon bébé peut il être vraiment du soir ? Est ce une question de pression du sommeil?
Doit on continuer dans ce chemin ?
Que comprendre et faire ?
Bonjour,
Votre observation est très fine, et surtout très précieuse : vous avez déjà mis le doigt sur un élément central du sommeil de votre bébé… le rythme.
À 10 mois, un sommeil très fragmenté, des siestes courtes, un fort besoin de la mère la nuit et des réveils longs ne sont pas inhabituels, même si c’est évidemment épuisant à vivre au quotidien. Rien, dans ce que vous décrivez, n’évoque un “problème” ou une mauvaise habitude.
Endormissement au sein, réveils fréquents, maman indispensable la nuit
À cet âge, l’allaitement et l’endormissement au sein restent des outils de régulation puissants, à la fois physiologiques, émotionnels et sensoriels. Le fait que seul vous puissiez calmer votre fille la nuit est très courant chez les bébés allaités autour de 9–12 mois, surtout quand les réveils sont associés à de grosses émotions. Ce n’est ni un rejet du papa, ni une dépendance créée, mais l’expression d’un attachement encore très centré sur la figure principale la nuit.
La question du “bébé du soir”
Oui, certains bébés ont une pression de sommeil naturellement plus tardive et dorment mieux avec un coucher plus tard. Ce n’est pas la norme majoritaire, mais ce n’est pas exceptionnel non plus. On parle plutôt d’un profil de rythme que d’un chronotype figé à cet âge.
Dans votre cas, le fait qu’un coucher très tardif (après une sieste tardive) s’accompagne de nuits nettement plus consolidées suggère effectivement que la pression de sommeil joue un rôle clé. Autrement dit : quand la fatigue accumulée est suffisante, le cerveau parvient à maintenir un sommeil plus continu.
Cela dit, ce fonctionnement n’est pas toujours durable sur le long terme, notamment parce qu’il peut désorganiser les journées suivantes ou entrer en conflit avec les contraintes familiales. Mais s’il est actuellement le seul qui vous permet de dormir, il n’est ni “interdit” ni délétère en soi.
Le rôle spécifique des siestes (données récentes)
Les recherches récentes (notamment autour de 2023) confirment que le sommeil de jour et le sommeil de nuit n’ont pas exactement les mêmes fonctions.
Les siestes jouent un rôle majeur dans l’intégration cognitive, l’apprentissage et la régulation émotionnelle. Chez certains bébés en pleine explosion cognitive ou motrice, on observe justement :
des siestes nécessaires mais courtes,
des réveils fréquents la nuit,
un sommeil nocturne moins consolidé.
Dans cette hypothèse, votre fille pourrait avoir davantage besoin de cycles multiples et de réveils intermédiaires que d’un long bloc nocturne, temporairement. Ce n’est pas un dysfonctionnement, mais une phase.
Pourquoi ça se passe mieux à la crèche ?
C’est très fréquent. Le cadre collectif, la stimulation différente, l’absence de la mère comme repère immédiat modifient les attentes du bébé. Cela ne signifie pas que vous “faites mal” à la maison, simplement que le contexte change les stratégies d’endormissement.
Que faire concrètement ?
Vous semblez déjà sur la bonne piste : le rythme sera probablement la clé pour la suite.
Je vous encouragerais à :
noter pendant une semaine les temps d’éveil, les horaires de siestes, leur durée et l’heure de coucher,
faire de très légers ajustements (par exemple raccourcir un peu la dernière sieste ou tester un coucher avancé ou retardé de 15–30 minutes),
observer l’impact sur les nuits, sans chercher la perfection.
Cela vous permettra de confirmer si l’hypothèse est plutôt :
un besoin de plus de pression de sommeil,
ou au contraire un besoin de plus de régularité et de transitions.
Et le chronotype à long terme ?
Le chronotype a une composante génétique non négligeable. N’hésitez pas à regarder aussi du côté de vous deux : êtes-vous plutôt du matin ou du soir ? Cela peut donner des indices, sans jamais être une certitude à cet âge. De toute façon, le chronotype évolue avec le développement, et les transitions de siestes autour de 10–15 mois changent souvent beaucoup la donne.
Enfin, si ces difficultés sont liées à une acquisition en cours (ce qui est très probable), elles sont par définition temporaires, même si elles semblent interminables quand on est dedans.
Vous ne faites rien de travers. Vous observez, vous ajustez, vous cherchez à comprendre — c’est exactement ce qui permet, à terme, de trouver un équilibre qui vous ressemble.