Bonjour, Bébé de deux mois née à terme et allaité, avec une grande sœur de 2ans.
La petite ne dors que sur moi jour et nuit. Dans le même lit au seins la nuit ou en portage la journée. Elle n’aime pas trop l’allaitement couché et à quasiment tout les jours des pleurs de décharge en soirée. J’arrive parfois a la couché mais c’est max 20 minutes.
Je cherche des solutions pour la nuit là permettre doucement de dormir dans son cododo, car ma grande quand elle été toute petite accepté de dormir tout contre moi mais à coté (pas sur moi)j’ai réussie doucement à m’éloigné de plus en plus et de plus en plus longtemps. Mais là ma petite se réveille quand je tente de la pauser tout contre moi sur le matelas elle remue de plus en plus, puis chouine jusqu’à vraiment pleuré si je n’agis pas. Si je la garde sur moi elle remue un peu pour que je le remette au sein mange rapidement et se rendors, elle me fait la nuit comme cela donc j’ai plutôt la chance de n’avoir aucun réveil franc et long.
Je cherche aussi des solutions pour la journée car le portage marche bien mais si je veux faire un sieste c’est comme la nuit… et c’est un bébé qui du mal à être pausé en règle générale. De plus la grande n’a eu un rythme de sieste claire que depuis ses 18mois, avant c’étais chaotique j’aimerai tenté d’évité cela avec ma deuxième et je fonctionnai pareil en journée. Mais je ne sais pas par ou commencer…
Bonjour,
À deux mois, le sommeil des bébés est extrêmement immature. Leur cerveau n’a tout simplement pas encore le “mode d’emploi” pour réguler le stress ni pour s’endormir hors proximité. Dormir contre ou sur vous, surtout après un allaitement, active tout un cocktail de signaux de sécurité : votre odeur, la chaleur, la respiration, le battement du cœur… Tous ces éléments apaisent profondément leur système nerveux et leur permettent de rester endormies. Chez certains bébés, ce besoin est très marqué, sans que cela ne dise quoi que ce soit de leur caractère ou d’un supposé “problème”.
Pour d’autres bébés (comme votre aînée, visiblement), le contact suffit parfois sans avoir besoin de ce “contact maximal”. Mais chaque bébé est un univers à part entière.
Vous faites tout juste
Non, ce n’est pas parce qu’elle “n’aime pas” être posée aujourd’hui que vous aurez un bébé “collé à vie”, ni que vous faites quelque chose de travers. Et non, il n’existe aucune preuve scientifique montrant qu’endormir un bébé au sein, en portage ou en cododo à deux mois nuirait à son autonomie future. La seule chose qui favorise l’autonomie, c’est la sécurité affective — et c’est précisément ce que vous lui offrez déjà.
Pourquoi ne peut-elle pas être posée ?
Entre 0 et 3–4 mois, le contraste entre vos bras (ou votre buste) et le matelas du cododo est immense pour un tout-petit. Le changement sensoriel est brutal : chaud/froid, battements du cœur/absence de battements, mouvement/immobilité. Cela suffit à déclencher une alarme interne. Cela ne signifie pas qu’elle ne saura jamais être posée : simplement que cette capacité n’est pas encore installée.
Parfois, ce refus d’être posée peut aussi signaler un inconfort (reflux, coliques…). Il est utile de rester attentive à certains signes : pleurs fréquents même en portage, tétées difficiles, douleurs digestives marquées. En cas de doute, un avis médical est important. En dehors de ces signes, ce que vous décrivez correspond avant tout à un besoin de contact et de contenance.
Concrètement, que pouvez-vous tenter ?
Vous pouvez sécuriser le cododo au maximum afin qu’il devienne progressivement moins “étrange” pour elle. Certains parents déposent un tissu imprégné de leur odeur ou réchauffent légèrement le matelas juste avant d’y poser le bébé (en retirant bien sûr toute source de chaleur avant le coucher). Poser ensuite une main ferme et contenante sur le corps de bébé pendant quelques secondes ou minutes peut aider à faire la transition entre vos bras et le matelas. Parfois, cela ne fonctionne pas tout de suite : on essaie dix fois… et la onzième, ça passe.
Après le sein, garder votre bébé un peu plus longtemps contre vous peut aussi aider. Attendez qu’elle soit vraiment en sommeil profond — respiration régulière, muscles relâchés, bras et lèvres mous — avant de tenter un transfert très lent, en conservant une main contre elle une fois posée. Ce sont souvent de très petits progrès, mais ils comptent.
Certains parents constatent également qu’une légère contenance sensorielle aide : bébé calé contre un bord, un lange roulé à proximité (sous surveillance rapprochée), ou un petit “nid” de contenance utilisé avec une vigilance extrême. L’objectif est de réduire l’impression de vide que peut provoquer le berceau.
La nuit, si votre bébé ne tolère que le sommeil sur vous, il est essentiel de sécuriser au maximum l’environnement : pas d’oreillers ou de couvertures susceptibles de la recouvrir, matelas ferme, aucune substance qui altérerait votre vigilance. Ce post Instagram donne d’ailleurs des pistes concrètes pour faciliter ces transitions en sécurité :
https://www.instagram.com/reel/DKfM0kpCwZy/
Pour la journée et les siestes
À cet âge, le portage ou les siestes dans les bras restent souvent la solution la plus efficace. Si vous avez besoin de vous reposer, la “sieste à deux” peut être une option : vous allonger sur un matelas sécurisé, bébé sur vous ou tout contre vous, tant que vous restez suffisamment vigilante. Certaines positions de portage allongé, avec coussins pour vous caler, peuvent aussi soulager votre corps.
Accepter que, pendant ces semaines, votre bébé dorme essentiellement sur vous ou en portage n’est pas un renoncement : c’est souvent une stratégie de survie parentale. L’évolution viendra quand elle sera prête, pas parce que vous aurez forcé les choses.
Et la grande sœur dans tout ça ?
Avoir deux enfants rapprochées implique nécessairement d’ajuster vos exigences envers vous-même. Lorsque vous sentirez que votre cadette gagne un peu en maturité (souvent autour de 3–4 mois), vous pourrez tenter une mini-routine commune pour les deux : s’installer ensemble, une histoire, une berceuse, quelques gratouilles. Ou simplement faire au mieux pour que tout le monde dorme à peu près quand c’est possible. Il est inutile de viser un rythme parfait dès maintenant : il se construira plus tard.
En résumé
Ce que vous vivez est épuisant et pourtant totalement normal à la lumière des connaissances actuelles. Il n’existe pas de méthode douce permettant “d’apprendre” à un bébé de deux mois à dormir loin du corps de ses parents : son cerveau n’est tout simplement pas prêt. Votre présence n’est jamais une mauvaise habitude.
Donnez-vous le droit d’attendre encore, d’ajuster selon vos limites et celles de votre bébé. Vous pouvez essayer certaines astuces pratiques, sans en attendre des miracles, mais sans jamais vous juger à l’aune du “bébé qui dort seul à 2 mois” — un mythe moderne tenace.
Courage, vraiment. Cette période ne durera pas, même si elle semble interminable. Votre intuition et votre patience constituent le plus beau terreau pour la confiance future de vos deux filles. Et n’hésitez pas à demander de l’aide autour de vous pour les tâches du quotidien : c’est probablement ce dont vous avez le plus besoin en ce moment.