Bonjour,
Merci d’avoir pris le temps de détailler la situation de votre fille — on sent que vous êtes très attentif à ses besoins, même dans une période où, clairement, votre propre sommeil manque aussi.
Ce que vous vivez n’est pas rare, et bonne nouvelle, ce sont
➡️ ce sont des signaux qu’on peut comprendre,
➡️ contextualiser,
➡️ et améliorer.
Ce qui est rassurant dans votre description
Elle s’endort seule, rapidement, avec un rituel simple → excellent indicateur de sécurité interne.
Elle dormait bien auparavant → ce n’est pas un “problème de méthode”.
Deux siestes certains jours, une seule d’autres → exactement la zone d’instabilité du passage 2 siestes → 1 sieste.
Pourquoi tant de réveils maintenant ?
1️⃣ Les réveils courts, souvent en pleurs
Deux pistes très probables :
✔️ Inertie de sommeil
Quand un enfant se réveille en pleine phase de sommeil profond, le cerveau n’est pas “prêt”. Résultat :
→ pleurs intenses,
→ confusion,
→ et rendormissement rapide.
✔️ Réveils confusionnels
Très typiques entre 1 et 3 ans.
On dirait un micro-cauchemar, mais ce n’en est pas un.
→ l’enfant pleure, parfois « sans raison »,
→ mais il se rendort vite,
→ et n’en garde aucun souvenir.
Ce que vous décrivez colle parfaitement.
Voici mes posts sur le sujet pour les reconnaître et quoi faire (ou ne pas faire).
Inertie de sommeil: https://www.instagram.com/p/DKxSgsjOsAN/?img_index=1
Quoi faire: https://www.instagram.com/p/DKz33mBvXtP/img_index=1
Les éveils confusionnels : https://www.instagram.com/p/C8Ci_9NKlqa/?img_index=1
👉 Dans les deux cas : ce n’est pas émotionnel, mais neurologique.
Le système nerveux met du temps à maturer.
Petit plus utile : renforcer la proprioception dans le rituel du soir (pressions profondes, gros câlins enveloppants, mini massages) aide souvent à réduire ces réveils-là.
2️⃣ Les réveils matinaux en pleurs
À cet âge, deux raisons majeures :
Anxiété de séparation (12–24 mois) → très classique.
→ On maximise la connexion : verbalisation, rituels prévisibles, câlins remplisseurs.
Fin de nuit trop brutale : elle émerge d’un cycle profond et n’a pas encore la capacité de s’auto-apaiser à l’éveil.
→ Vous pouvez tester d’aller la voir AVANT qu’elle ne pleure, quelques matins, pour casser le schéma.
3️⃣ Le gros réveil après 3h de nuit
Alors là…
Classique du passage 2 siestes → 1 sieste.
Quand il y a trop de sommeil sur 24h, ou un rythme un peu trop « large », cela donne exactement :
→ un bloc initial de sommeil,
→ un réveil long en milieu de nuit,
→ puis un sommeil très haché ensuite.
À 16 mois, c’est pile l’âge où :
soit la sieste du matin devient trop stimulante,
soit elle ajoute un “surplus” de sommeil qui vient grignoter la nuit.
Ce que vous pouvez tester
1. Stabiliser sur une seule sieste
Pas besoin d’être strict :
→ si elle refuse la sieste du matin, c’est un signe.
→ Et si elle l’accepte encore certains jours, essayez de la raccourcir ou la décaler.
La sieste unique peut être proposée un peu plus tôt (12h / 12h30) pour éviter la sur-fatigue.
2. Ajuster le coucher
Une nuit de 20h à 7h30 = presque 11h30 de nuit.
→ Si elle dort beaucoup en journée, la nuit devient trop longue pour elle.
→ Dans ces cas, avancer ou reculer doucement le coucher (par tranches de 10–15 minutes) peut aider.
3. Renforcer la sécurité émotionnelle
Surtout si l’anxiété de séparation pointe le bout de son nez :
rituels très stables,
petites transitions douces,
verbalisation du matin et du soir (“tu n’es jamais seule, je reviens toujours”),
objet transitionnel (doudou, T-shirt à vous).
4. Ne pas craindre de l’accompagner lors du grand réveil
Ce n’est pas une « mauvaise habitude ».
Ce n’est pas “pour toujours”.
C’est une tempête du développement — motrice, cognitive, émotionnelle — et c’est précisément par votre présence qu’elle en sortira durablement.
En résumé
Vous ne faites rien de travers.
Votre fille n’est pas en train de “régresser”.
Son sommeil n’est pas “cassé”.
Elle traverse une période ultra classique, cumulant :
maturation du sommeil,
anxiété de séparation,
transition vers une sieste,
et, possiblement, un système nerveux qui s’emballe un peu la nuit.
Il y a de la marge de manœuvre, et vous pourrez clairement améliorer cette situation.