Bébé 6 mois, siestes courtes, endormissements au sein, réveils nocturnes…

Bébé de 5,5 mois (6 mois dans 9 jours), elle est allaitée et a commencé la diversification depuis 3 semaines. Elle adore tout ce qu’elle goûte et tête plutôt bien, même si les tetees ne sont pas longues du tout. En moyenne 5 minutes.
Mais le problème est surtout dans le sommeil, elle ne s’endort que au sein, dans les bras ou en tétant mon doigt.
La journée elle dort que 30 minutes, environ toutes les deux heures.
Elle arrive de temps en temps à enchaîner un cycle avec notre aide, et quelques fois mais c’est très rare, à enchaîner seule.

La nuit c’est tout aussi prenant, on dort en cododo depuis le retour de la maternité, et elle se réveille toutes les heures depuis plus d’un mois. J’essaie de lui faire teter mon doigt pour espacer un peu les tetees mais il n’y a que le sein qui fonctionne j’ai l’impression. Et je n’ai pas la force de tester les bercements la nuit…
Je suis vraiment épuisée et surtout je ne sais pas si je fais mal les choses ou si c’est normal. Ça commence à devenir dur à tenir sur le long terme et j’aimerais avoir des conseils sur comment l’aider à enchaîner ses cycles… si c’est possible en l’endormant au sein ?
Les endormissements peuvent d’ailleurs être très sereins et rapides au sein, et quelques fois un peu plus longs (le maximum c’est 30 minutes) et finir en bercements en squats à bras.

Merci beaucoup !!

Bonjour,
Je le redis d’emblée : vous ne faites rien « mal », vous accompagnez simplement votre fille dans une phase où le sommeil (et le besoin de contact) est encore en pleine construction.
Ce que vous décrivez — endormissement au sein, cycles de 30 minutes en journée, réveils nocturnes rapprochés, cododo — est totalement dans la norme pour un bébé de l’âge du vôtre, même si c’est évidemment épuisant côté parents.
Pourquoi ces nuits et siestes hachées ?
Vers 5-6 mois, le sommeil des bébés vit un vrai bouleversement : on entend souvent parler de « régression », mais il s’agit plutôt d’une maturation.
Les cycles de sommeil se complexifient et les réveils entre les cycles deviennent plus francs.
La succion, en particulier au sein, c’est l’antidote maximal à l’anxiété de séparation, surtout dans cet âge charnière.
Un bébé n’a malheureusement pas encore la capacité neurologique de s’auto-apaiser sans un “filet de sécurité” fourni par l’adulte — et ici le sein.
Ce n’est ni une mauvaise habitude, ni le signe que “vous l’aurez toujours dans les bras” : c’est un besoin primaire.
Les siestes ultra-courtes, un passage obligé… (pour beaucoup)
Les cycles de sommeil diurne des bébés de cet âge durent environ 30-40 minutes.
Pour réussir à enchaîner deux cycles, la plupart des bébés ont besoin de retrouver exactement les mêmes sensations qu’au moment d’endormissement.
Dès qu’on les pose (surtout si le contraste sensoriel est brutal : température, odeur, contenance), leur cerveau “sonne l’alerte”.
C’est frustrant pour vous, mais ce n’est révélateur d’aucune anomalie, promis !
Cododo et réveils nocturnes
La multiplication des réveils nocturnes, surtout autour de 5-6 mois, concerne énormément de familles — allaitement ou non.
Et non, passer au biberon ne garantit pas des nuits plus longues (ce serait trop simple, je sais !).
Le cododo est une réponse parfaitement adaptée pour tenir physiquement et émotionnellement, tant que c’est pratiqué en sécurité.
Essayer d’écarter le sein avec le doigt ou de remplacer par le bercement : ça peut fonctionner par moments, mais la plupart des bébés de cet âge ont une préférence sein inébranlable pour se rendormir rapidement.
Le cerveau cherche le chemin le plus court vers l’apaisement.
Est-il possible d’enchaîner des cycles… tout en endormant au sein ?
Absolument.
Et il n’y a aucune date de péremption à ce sujet.
L’idée selon laquelle il faut “absolument” apprendre à s’endormir autrement pour bien dormir est une idée reçue, sans fondement scientifique.
On peut aider bébé à diversifier ses outils d’apaisement, doucement, mais le sein peut parfaitement rester dans la boîte à outils le temps nécessaire.
Des pistes concrètes, si vous le souhaitez :
Maximiser les siestes “contact” les jours où vous êtes épuisée : portage, poussette, sieste allongée ensemble.
Proposer un environnement de sommeil plus contenu : gigoteuse plus épaisse, lit contre le mur, linge portant votre odeur.
Enchaîner les cycles : approcher doucement à 30 minutes pour l’aider à repartir, main posée, bercement léger.
Le soir, garder le sein comme allié autant que nécessaire. Si vous pensez changer plus tard la manière d’endormir, ajoutez dès maintenant d’autres actions apaisantes pendant la tétée : fredonner, caresser les cheveux, doudou…
Nuits plus denses ? Parfois, un petit décalage de la dernière sieste ou de l’heure du coucher (± 15-20 minutes) suffit.
Prendre soin de vous : relais siestes, proches, déléguer des tâches, même juste pour dormir un peu.
Ce qu’il faut retenir
Le sommeil autonome, la capacité à s’endormir sans aide, ce sont des compétences qui émergent avec la sécurité affective, pas à pas — pas par la frustration ni par un sevrage brutal de contact.
Vous pouvez accompagner votre bébé à son rythme, et cela n’induit pas de troubles du sommeil plus tard.
Ce que vous décrivez, c’est la norme du développement neurobiologique, aussi épuisante soit-elle.
Vous faites déjà un travail immense : rester à l’écoute de vos besoins et des siens,
c’est la seule “méthode” valable.
Courage, prenez soin de vous.
Vous n’êtes pas seule.
Et non, votre bébé n’a rien de bizarre —
il a juste besoin de vous, encore un peu plus ces temps-ci.

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