Nous avons essayé l’endormissement autonome en restant avec elle et en la prenant dans les bras si trop grosse crise. Mais c’est très compliqué, ce sont des énormes crises de larmes très compliqué à gérer …
Merci d’avance.
Bonjour,
D’abord, bravo pour votre attention à ses besoins et votre écoute de son rythme. L’allaitement, le lit au sol, l’accompagnement au sommeil… Ce sont de vrais choix tournés vers la sécurité affective et la confiance.
Sur le besoin de bras et les “micro-siestes”
Beaucoup de bébés de cet âge ont encore besoin d’une forte proximité pour s’apaiser, surtout dans cette période charnière marquée par :
– de grands progrès moteurs (elle apprend peut-être à ramper, s’asseoir, voire se mettre debout),
– un cerveau avide de découvertes,
– une conscience croissante de la séparation,
– parfois un inconfort lié à la poussée dentaire.
Tout cela fait que leur système nerveux est souvent en surchauffe, rendant l’endormissement (et le maintien du sommeil) plus difficile sans l’intense réassurance du contact.
La position sur le ventre peut les rassurer sensoriellement, et c’est tout à fait possible de laisser bébé dormir sur le ventre s’ il a la force musculaire pour se retourner du ventre sur le dos, ou sous surveillance.
Pourquoi est-ce plus difficile de poser bébé sans qu’elle se réveille ?
Le passage des bras au lit présente un contraste soudain : température, odeur, contenance. Et cela s’accompagne aussi souvent d’un changement d’orientation du corps, peut-être même d’une sensation de tomber!
Quelques pistes qui, en général (mais pas toujours !) peuvent aider
– Transférer “le contact” dans le lit : dormir avec une serviette ou un t-shirt que vous laissez dans le lit pour y déposer votre odeur, “réchauffer” très légèrement le drap avant le transfert (bouillotte retirée !), mains fermement posées quelques secondes après la pose, cocon rassurant/boudin autour (en restant très prudent sur la sécurité).
– Apporter plus de stimulations motrices la journée : portage dynamique, jeux moteurs, massage… Pour aider à réguler l’excitation du système nerveux et faciliter le relâchement au moment du dodo.
– Inclure des rituels sensoriels au coucher : massage avec appui, douce pression sur les pieds/jambes, bercement rythmique, ou même tapotements sur les fesses.
– Accepter (avec souplesse) des siestes en portage ou en poussette si cela facilite le sommeil, sans peur de “mauvaises habitudes”. Voici aussi 2 REELs qui vous donnent aussi des astuces techniques pour le déposer dans son lit :
https://www.instagram.com/reel/DJ4mY-KCr3o/
https://www.instagram.com/reel/DKfM0kpCwZy/
Sur la question de l’endormissement autonome
Je comprends tout à fait que vous ayez tenté de l’accompagner vers plus d’autonomie, en restant présente et en la prenant dès que la détresse devient trop forte. Si cela génère de grosses crises, c’est qu’elle n’est peut-être pas encore prête pour une séparation graduelle de cette manière. Et c’est compréhensible : si son système nerveux est encore en alerte, son sentiment de sécurité est moindre, et il est normal qu’elle ne veuille pas que vous vous éloignez! Testez l’ajout de stimulations proprioceptives (le fait qu’elle dorme mieux sur le ventre semble indiquer que c’est le genre de stimulation qui l’apaisent et lui font du bien): des pressions avec vos mains sur ses membres avant de s’endormir par exemple.Voici aussi un post pour je parle de réduire le besoin du sein à l’endormissement : https://dormircommeunbebe.eu/bebe-de-8-mois-reveils-30-minutes-apres-le-coucher-rendormissement-au-sein/
En attendant, il est tout à fait valable d’alterner selon votre fatigue et disponibilité : bras, sein, portage, poussette… Cela n’hypothèquera ni votre lien, ni son autonomie future ; c’est “normal” pour cette tranche d’âge.
Profitez bien de votre petite :-)!