Bonjour Alice 😊 Je me permets de vous solliciter car je me pose des questions suite à l’un de vos postes sur lequel je suis tombée il y a quelques semaines, celui sur le FOMO. J’ai l’impression d’avoir reconnu mon petit bout (20 mois) dans le fait qu’il ne veuille pas aller se coucher tant qu’il y a du monde dans la pièce de vie (quand nous avons des invités par exemple, ou, depuis quelques temps, les couchers sont difficile, on peine à voir les signaux de fatigue à part quand il y a une crise de pleurs soudaine et hier mon conjoint est monté se coucher plus tôt et deux minutes après Robin me demandait d’aller se coucher et il s’est endormi en 10 minutes à peine). Pareil, lorsqu’il était plus petit il était difficile de l’endormir, autrement qu’au sein avec très peu de distraction autour. Par exemple, si je discutais avec quelqu’un, il ne s’endormait pas. Pareil, il s’endormait en voiture ou en poussette que s’il était extrêmement fatigué, etc.
Par contre, dans la vie quotidienne, ce n’est pas du tout une pile, il ne passe pas d’une activité à l’autre sans cesse, il est très calme, un peu pépère bien que très curieux.
De fait, je me demandais si ça pouvait être un bébé un peu FOMO ou si c’est quelque chose de passager pour les endormissements difficiles tant qu’il y a du monde ?
Je me demandais aussi s’il est possible de passer à côté d’un enfant en excès de fatigue ou si on finit forcément par s’en rendre compte à cet âge ?
Je vous remercie par avance pour votre réponse et encore une fois pour tout votre travail qui m’est d’une précieuse aide.
Bonjour,
Merci beaucoup pour votre message détaillé et cette belle confiance. Ce que vous décrivez résonne pour beaucoup de parents, et je trouve important de rappeler qu’il n’existe pas de profil « idéal » de dormeur… ni de catégorie d’enfant à cocher ou pas. Chaque enfant fait vraiment « à sa sauce », et c’est normal d’être parfois un peu déconcerté·e par leurs réactions face au sommeil.
Sur la question du « bébé FOMO »
Le « FOMO » (« Fear of Missing Out » ou « peur de rater quelque chose ») n’est, comme vous l’avez lu, pas une catégorie scientifique officielle. Cela désigne simplement ces bébés curieux, très réactifs à leur environnement, qui peinent à décrocher quand le monde autour reste vivant. Mais ça reste un terme populaire, pas un diagnostic ! Les signes cités dans mes posts, comme la forte activité motrice, la grande distractabilité, l’hypervigilance aux moindres bruits et lumières… servent juste à donner des repères.
Dans votre description, j’entends que votre fils :
– Dort très facilement quand l’environnement s’apaise,
– Résiste davantage quand il se passe plein de choses autour,
– N’est pas un « excité » de la journée mais plutôt observateur et posé.
Je ne le qualifierai donc pas de FOMO dans le sens où il n’y a pas besoin d’adapter son environnement de sommeil pour lui permettre de lâcher prise. En revanche, il semble être en plein développement de sa sociabilité, et donc effectivement, être extrêmement intéressé par la présence d’autres personnes. Et bien sûr, il se peut que ce trait de caractère dure.
Ce que vous pouvez néanmoins expérimenter, si vous avez de la visite et que votre petit le sent, c’est d’utiliser — comme je le fais pour ma fille très alerte — les sens vestibulaire et proprioceptif pour le remplir sensoriellement, et l’aider à lâcher prise. Je ne sais pas si cela peut marcher aussi bien que pour un bébé intéressé par son environnement direct, mais ça se tente !
Vous pouvez aussi faire un petit rituel et dire au revoir à toutes les personnes présentes de la manière qu’il souhaite (un coucou, un top-là…), pour qu’il accepte de sortir de la pièce sans se sentir exclu par exemple.
Sur les signaux de fatigue
Il est parfois vraiment difficile, même pour des parents très attentifs, de repérer les signes de fatigue chez certains enfants. Tous ne bâillent pas forcément ou ne frottent pas leurs yeux : chez certains, le passage à la fatigue se fait d’un coup, par une crise de pleurs ou un « effondrement » (c’est exactement ce que vous décrivez). D’autres enfants, au contraire, manifestent leur fatigue par un regain de nervosité, ce qui complique encore la lecture !
On peut, hélas, passer à côté de la fenêtre idéale, et ce n’est la faute de personne : il y a une telle variabilité d’un enfant à l’autre, et même d’une journée à l’autre… que le repérage n’est jamais une science exacte. L’important reste de rester flexible, d’ajuster les routines et surtout… de ne pas culpabiliser quand ça « rate ».
Merci encore pour votre confiance,
Prenez soin de vous et de votre petit Robin!