Depuis 1 mois environ (sevrage allaitement) les couchers sieste et dodo du soir sont difficiles et très agités.
Bebe a du mal à lâcher prise pour s’endormir (il s’endormait au sein auparavant). Il ne s’endort qu’avec moi, porté en mouvement et il se reveille systématiquement autour de 22h30 en pleurs. Est-ce que c’est un besoin fort de réassurance ? Le maître maternisé peut il avoir un rôle la dedans ?
Merci pour cette plate-forme, votre temps et votre investissement. Ce sont des ressources précieuse !
Bonjour,
Le sevrage de l’allaitement, le changement de mode d’endormissement (du sein au portage), et le passage dans sa chambre… cela fait beaucoup de bouleversements en même temps ! Pour un petit humain, chaque modification de repère peut générer un sentiment d’insécurité temporaire, qui se manifeste… dans le sommeil.
Pourquoi ces endormissements et nuits difficiles actuellement ?
Avant, l’endormissement au sein associait sécurité, contact, succion et odeur maternelle : autant de signaux d’apaisement puissants qui facilitaient le « lâcher-prise ». Avec le sevrage, votre bébé a perdu ce rituel familier et explore à tâtons d’autres manières de s’apaiser… ce qui, logiquement, entraîne de l’agitation et un besoin accru de votre présence.
Le portage et les bercements sont en train de devenir un nouveau rituel, mais ils demandent parfois davantage d’efforts, pour le bébé comme pour le parent. Cette quête de nouveaux repères est normale, et la difficulté à s’endormir n’est pas un échec, ni pour lui, ni pour vous.
Le réveil quasi-systématique autour de 22h30 correspond probablement à la fin d’un cycle de sommeil profond (le plus solide en début de nuit). C’est souvent à ce moment-là que les bébés, surtout en pleine adaptation, « vérifient » la sécurité de leur environnement — d’autant plus dans une nouvelle chambre.
Besoin de réassurance ?
Très probablement, oui. Mais attention à la nuance : ce n’est pas la cause du réveil, qui reste physiologique (fin de cycle, bruit éventuel, digestion…), mais c’est bien la cause de son comportement au réveil. Il appelle parce qu’il a besoin d’être rassuré pour replonger dans le sommeil. On confond souvent ces deux aspects. Je vous recommande d’ailleurs le Reel d’Amélie @petit.monde sur les “faux-départs”, qui explique très clairement ce phénomène.
Votre bébé a traversé plusieurs changements majeurs : c’est comme si tous ses radars étaient en alerte pour vérifier que tout va bien. Les réveils et pleurs en première partie de nuit sont, dans l’état actuel des connaissances, une manière saine de manifester ce besoin de proximité et de certitude que la sécurité parentale est toujours là. Il ne « teste » rien, il ne manipule pas : il cherche simplement la confirmation que vous êtes bien là.
Le lait infantile
Les laits infantiles, souvent à base de lait de vache, peuvent être un peu plus longs à digérer et contenir des protéines/lipides différents, ce qui demande parfois une petite adaptation. Mais si votre bébé ne se tortille pas et s’apaise facilement dans vos bras, ce n’est sans doute pas la cause principale des réveils.
Accompagner votre bébé pour dormir, que ce soit au bras, en mouvement ou par votre simple présence, ne le rend pas « dépendant » de manière problématique. Au contraire : vous lui permettez d’emmagasiner la sécurité dont il aura besoin pour, plus tard, développer ses propres outils d’auto-apaisement.
Des pistes pour traverser cette période
Multipliez les marqueurs de sécurité au coucher : rituel prévisible (chanson, caresses, mot-clé), toujours dans le même ordre.
Introduisez, si ce n’est pas déjà fait, un objet transitionnel (doudou, lange avec votre odeur), présent à la fois pendant les bercements et dans le lit.
Proposez davantage de stimulations proprioceptives en journée : sauter sur vos genoux, rouler, se balancer légèrement… Cela aide certains bébés au cerveau très actif à « décharger » les tensions avant de dormir.
Si vous vous en sentez capables, introduisez progressivement une autre présence rassurante (l’autre parent ou une figure d’attachement secondaire) dans des moments non critiques pour le coucher. Cela permet au bébé d’expérimenter, en douceur, que d’autres peuvent aussi être source de sécurité — mais ce n’est pas indispensable, seulement une piste si vous le sentez juste pour vous.
Cette adaptation prendra un peu de temps, mais elle est temporaire. À mesure que votre bébé intègre de nouveaux repères, qu’il réalise que « dans sa chambre aussi, Papa/Maman reviendront toujours » (même à 22h30), la pression va peu à peu s’alléger.
Vous n’êtes ni dans l’erreur, ni dans l’excès : vous répondez à une vraie nécessité de développement.
Force et douceur à vous dans cette période d’ajustement