Merci pour votre aide !
« Bébé » de 2 ans et 9 mois… sommeil qui a toujours été difficile (je suis votre page depuis longtemps!), elle a été allaitée et endormie au sein jusqu’à ses 2 ans, s’endort seule après rituel et biberon, mais depuis plusieurs semaines, se réveille toutes les nuits une fois, parfois en nous appelant simplement et d’autre fois en pleurant l’air paniquée, elle réclame un câlin , parfois un biberon et retourne dans son lit 10 min après à peine, elle fait la sieste entre 1h et 2h et se couche entre 20h et 21h, je pense qu’elle a juste besoin de réassurance comme depuis toute petite , mais y aurait il des pistes à explorer? La sieste à raccourcir ? Pourtant parfois elle dort mieux lorsqu’elle dort olus longtemps en sieste et vice versa:.
Merci pour le temps que vous m’accorderez
Bonjour,
Merci pour la confiance, votre message et votre fidélité — c’est précieux d’avoir le suivi sur la durée !
Le fait que votre fille puisse s’endormir seule après un rituel, qu’elle vous réclame la nuit pour un câlin ou un biberon, c’est le signe d’un attachement solide et d’une capacité à revenir spontanément vers vous pour se sécuriser. Bravo à vous pour tout ça!
À 2 ans et 9 mois, il y a beaucoup d’éléments qui peuvent temporairement bousculer les nuits :
– Les grands bouleversements du développement cognitif et émotionnel : l’imagination, les « peurs » nocturnes, la conscience de la séparation, tout s’accélère.
– Les besoins de réassurance sont à nouveau plus marqués, notamment la nuit, quand tout paraît plus impressionnant.
– Souvent à cet âge, des choses anodines pour nous ( un bruit, des souvenirs de la journée…) peuvent réveiller un sentiment d’insécurité.
Sur le fait de raccourcir la sieste : c’est effectivement une piste souvent recommandée… mais à cet âge, la réalité, ! D’ailleurs, vous le constatez vous-même : parfois elle dort mieux avec une grosse sieste, parfois non. C’est fréquent : la fatigue cumulée peut en réalité aggraver les nuits, tout comme une sieste trop longue peut repousser le coucher… Parfois, l’enfant a simplement besoin d’un peu plus de temps d’éveil, parfois non.
Ce qui compte, c’est d’observer, tester sur quelques jours, sans s’imposer des règles rigides. Par exemple, avancer un peu le coucher si la sieste a été courte, laisser la possibilité de dormir plus tardivement si elle en a eu besoin, etc.
Pour les réveils nocturnes « panique », l’essentiel est de répondre. En l’état actuel des connaissances sur le développement cérébral et émotionnel, la dissuasion (« On ne va pas la voir pour qu’elle apprenne à se rendormir seule ») est non seulement inefficace à cet âge, mais délétère. Vous faites exactement ce qu’il faut : vous rassurez, vous verbalisez au besoin, et vous quittez quand elle est apaisée.
Quelques petits leviers à explorer, au cas où :
– *Rituel du coucher encore plus axé sur la prévisibilité et la sécurité*. Parfois, ajouter au rituel du soir une discussion sur ce que vous ferez si elle se réveille (« Si tu as peur, tu peux nous appeler, je viendrai te faire un câlin, tu peux aussi prendre ton doudou, ta veilleuse… ») aide certains enfants.- Si vous parlez anglais, je vous conseille cette vidéo de Gordon Neufeld, un specialiste de l’attachement, qui explique trés bien comment prolonger la connexion avec l’enfant pendant la séparation de la nuit, notamment avec un lien sensoriel : https://www.youtube.com/watch?v=Y9ra898uoVM
– *Parler des éventuelles peurs en journée* : Beaucoup d’enfants n’ont pas encore accès au langage pour raconter un mauvais rêve ou une angoisse. Leur proposer, dans la journée (hors du lit), de dessiner, imaginer, parler de ce qui les fait peur (« Est-ce que la nuit, il y a des choses qui t’inquiètent ? ») peut aider à désamorcer la tension.
– *Température, environnement* : Refaire un mini-check, parfois il suffit d’une couette un peu trop chaude, ou d’une veilleuse oubliée pour perturber le sommeil — mais la plupart du temps, on ne trouve pas de déclencheur, et c’est OK.
À partir de 2 ans, beaucoup de réveils nocturnes relèvent de causes émotionnelles et psychologiques. On sort un peu du champ strictement neuroscientifique (qui est mon domaine de prédilection), et il serait malhonnête de prétendre que je peux tout expliquer par la biologie seule.C’est pourquoi, pour tout ce qui touche aux peurs, émotions et insécurités des enfants, je recommande toujours des expertes formées en psychologie de l’enfant, comme Marion de Grandir et Devenir, qui a une approche très fine et adaptée.En lisant votre message, on sent que vous suivez déjà avec beaucoup de nuance et d’attention.
Continuez comme vous le faites, et surtout, tenez bon face à la pression de la « performance » : le sommeil des enfants n’est pas une ligne droite, c’est une succession de détours, avec des retours dans les bras même après avoir appris à s’endormir seuls. Ce n’est ni un pas en arrière, ni un “problème” : c’est un besoin.
Courage pour ces nuits interrompues Vous êtes exactement sur le bon chemin.