Bébé 1 an endormissements difficiles, comment le coucher encore éveillé?

Bonjour
Bébé de presque un an, tout proche de l’acquisition de la marche qui a toujours été très difficile pour l’endormissement. Il a toujours eu besoin des bras, on avait eu du mieux ou si je restais a cote de lui pour qu’il s’endorme il finissait par s’endormir (après l’avoir recouché 10 fois car il se lève et me regarde). Lorsque cela devient trop long (30/45 minutes), je quitte la chambre en lui expliquant qu’il est l’heure de faire dodo. Crise assurée ! Il hurle ! Donc je reviens un peu après et je le calme.
Récemment, j’ai changé de technique et je le berce jusqu’à ce qu’il soit quasi endormi. S’il n’est pas dans cet état d’être vraiment sur le point se s’endormir, il se retourne des que je le pose et demande les bras en pleurant.
Il devient plus lourd et je ne vais pas pouvoir faire ça beaucoup plus longtemps, mais je n’arrive pas a trouver la solution pour qu’il accepte le moment du coucher dans son lit en étant eveillé. On a une routine fixe, il connaît la langue des signes et nous dit quand il est fatigué mais rien n’y fait.
Quels conseils pourriez vous me donner ? Je ne veux pas le laisser pleurer pour s’endormir.
Merci pour votre aide!

Bonjour,
Merci pour votre confiance et la description vraiment précise de ce que vous vivez avec votre bébé – ce n’est pas facile tous les soirs de garder le cap quand l’endormissement est long, et je vous assure que vous faites déjà beaucoup.
Ce que vous décrivez n’a rien d’inhabituel à cet âge, et surtout : ce n’est pas « un échec » ou le signe que vous auriez « raté » le coche de l’endormissement autonome. Votre bébé a bientôt un an, il avance vers la marche (une étape archi-stimulante pour le cerveau !), et il continue d’avoir un immense besoin de proximité et de réassurance pour cette phase si particulière qu’est l’endormissement. Beaucoup de bébés mettent du temps à accepter de s’apaiser seuls au moment du coucher, surtout ceux qui, comme le vôtre, sont très attachés à la présence physique des parents.
Quelques points importants à garder en tête :
Non, vous ne le « rendez pas dépendant » ou « capricieux » parce que vous répondez à ses pleurs. Les bébés de cet âge sont programmés pour rechercher la sécurité et la régulation auprès de l’adulte – c’est une fonction biologique de survie, pas un défaut de caractère.
La période pré-marche est une vraie tempête neurologique, avec parfois une régression du sommeil et une hausse des besoins de contact. Beaucoup de parents témoignent que l’endormissement devient soudain plus difficile autour de l’acquisition de la marche, tant l’envie de se lever ou d’appeler papa/maman est intense.
Sur les pistes concrètes à expérimenter pour alléger ce moment (sans jamais laisser pleurer ni forcer une rupture dont ni vous ni lui ne voulez !) :
Vérifier le rythme : si votre bébé met toujours 45 minutes à s’endormir, est-il vraiment assez fatigué ? Parfois, la frustration de l’endormissement difficile s’explique très simplement par… un bébé qui n’est pas encore tout à fait prêt à dormir, même s’il exprime des signes de fatigue. La sensation de fatigue est très individuelle, et il faut parfois rester un peu plus longtemps éveillé pour que le sommeil vienne plus facilement. N’hésitez pas à jouer avec l’horaire du coucher, à retarder légèrement, à garantir un moment calme mais actif juste avant le rituel, etc.
Renforcer le repérage sensoriel : certains profils sensoriels très demandeurs ont besoin de stimulations vestibulaires et proprioceptives suffisantes en journée et même au moment du rituel. Beaucoup d’enfants recherchent des « sensations profondes » (poids, pression, chaleur), ce qui explique leur demande constante des bras et du mouvement. Vous pouvez donc tester avant le dodo : un massage ferme, de petites pressions sur le corps, une couverture un peu plus lourde mais toujours adaptée, ou même un gros doudou qui aide à se sentir contenu. En journée, multiplier aussi les stimulations vestibulaires, comme je le montre dans ce REEL.
Créer un lien sensoriel et affectif (Gordon Neufeld) : le psychologue du développement Gordon Neufeld rappelle que, pour qu’un enfant puisse se séparer temporairement (y compris pour le sommeil), il doit d’abord sentir un « pont » relationnel solide avec son parent. Autrement dit, c’est parce qu’il se sent profondément attaché qu’il peut accepter de lâcher prise. Concrètement, cela peut se traduire par de petits rituels qui rappellent le lien même quand vous n’êtes pas collé physiquement : un mot répété chaque soir, un objet qui porte votre odeur, un geste symbolique (« je te borde bien et je reste là le temps que tu en as besoin »). L’idée n’est pas de couper le lien, mais de le prolonger de manière sécurisante pour qu’il devienne peu à peu intériorisé.
Transmettre un peu le mouvement au lit : certains bébés dorment mieux si l’on reproduit (dans le lit) une partie du bercement : balancement gauche-droite alors qu’il est allongé sur le côté, tapotements rythmés sur les fesses… tout ce qui rappelle le mouvement de vos bras, mais qui peut se faire alors qu’il est déjà couché.
Jouer la transition en douceur : au lieu de viser tout de suite l’endormissement en totale autonomie (qui n’est, pour beaucoup d’enfants de cet âge, pas encore possible), misez sur la répétition et la prévisibilité. Si vous en avez la ressource, prenez chaque soir comme un petit pas, avec la même routine rassurante, le même message verbal (« C’est l’heure du dodo, je reste à côté tant que tu en as besoin… »). Certains soirs seront plus longs, d’autres plus faciles – mais au fil des semaines, la sécurité intérieure de votre bébé grandira.
En résumé, il n’existe pas de baguette magique (quel dommage !), mais une succession de petits ajustements qui finiront par rendre la transition plus douce. Changer un rituel de sommeil prend du temps, et même quand on a toutes les « bonnes méthodes », l’acquisition progressive de l’endormissement apaisé, seul, c’est souvent une histoire de mois – pas de nuits.
Vous êtes légitime à ne pas vouloir le laisser pleurer (j’insiste, les méthodes « d’extinction », c’est-à-dire laisser un enfant pleurer sans réconfort, ne sont ni nécessaires, ni respectueuses de ses besoins neurologiques et affectifs – et ce n’est pas être « faible », c’est juste être un parent informé et sensible à son petit humain). Au contraire, écoutez-vous, écoutez-le, et avancez à petits pas adaptés à vous deux.
Prendre soin de votre dos (et de votre moral), c’est aussi prendre soin de lui.
Courage pour ce (long) chemin… et chapeau pour votre engagement à respecter ses besoins tout en cherchant des solutions qui vous ressemblent.

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